Noir et blanc
Plonger mes doigts dans ta dentelle
Et barbouiller sur l’éternel
Glisser jusqu’aux profonds nombrils
Cordeaux de la fécondité
Sentir tous les parfums subtils
De chair et sueur mélangées
Et replonger dans nos cheveux
Une langue pleine et râpeuse
Pourvue d’innombrables adieux
Maintes et maintes fois gagneuse
Avoir de toi l’image vaine
D’une vierge de marbre blanc
Qui souffle sur mon cœur à peine
Rosi par un crayon d’enfant
Porter au doigt comme un diadème
Une bague d’or et d’argent
Pour expirer tout le blasphème
D’une âme gouvernée des vents
Pleurer devant la Grande Eglise
Pour te revoir, fière Manon
Et t’empoisonner, Ô promise !
De la piqûre du félon !
Et du venin de tes prunelles
Je peindrai des toiles mortelles.