Christophe Mely - Ecriture Service
Conception, rédaction, relecture, correction,
réécriture de tous vos documents.
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Et non, petite Gabrielle, il n’y a toujours pas de dent pour garnir tes gencives. Pas la moindre. Pas encore.
Nous attendons. Nous patientons. En attendant, nous te regardons grandir, petite fillette de nous. Et tu ne cesses de le faire. Tu te tiens assise maintenant, sans aucun problème, et tu te retournes de plus en plus. Dans ton lit, et aussi dans ton parc, ce qui nous oblige à être assez vigilants en ce moment, parce que chaque fois que nous jetons un œil dans ta direction, petite Gabrielle, c’est pour constater que tu es allongée sur le ventre, appuyée sur tes deux petits bras, ou bien la tête posée sur ton tapis (ou matelas), tournée vers nous, avec un grand sourire affiché sur ta jolie petite frimousse.
Mais nous devons faire attention tout de même, pas que tu restes bloquée sur le ventre, et que tu ne puisses plus respirer, la tête enfouie dans je ne sais quel bout de tissu qui serait dessous toi. C’est une étape à franchir, et après celle-ci, il y en aura une autre. C’est comme ça. C’est la vie, petite Gabrielle. C’est pour cela que tu as deux parents, petit amour de nous, pour veiller sur toi et t’assurer que tu ne risques rien, ou le moins possible, quand tu es avec nous.
C’est comme ton attirance pour les cascades en tous genres, petite Gabrielle. Tu adores te jeter en arrière lorsque tu es sur mes genoux, ou bien te jeter dans le vide tête la première quand tu es sur mes genoux (il s’en passe des choses lorsque tu es sur mes genoux, petite Gabrielle…) et que tu sais que je vais te tenir, et t’empêcher de tomber et de te faire mal.
Ou encore, quand tu joues dans ton parc ou sur ton tapis de mousse que j’ai installé dans la cuisine, à côté de la cheminée, pour que tu joues avec nous et que tu aies bien chaud à côté du bon feu, tu te jettes en arrière, sans peur aucune, la tête la première qui s’enfonce dans les oreillers que nous disposons tout autour de toi.
On sent bien que tu ne t’es pas encore cogné la tête ou quoi que ce soit d’autre encore, et que tu ne connais pas encore le concept de douleur, parce que crois-moi, quand cela arrivera, et cela arrivera forcément un jour, ma pauvre petite Gabrielle, et que tu auras conscience que tes jeux de cascadeuse peuvent aussi faire bobo, tu seras moins frénétique dans tes mouvements, petit bébé de nous.
Parce que là, tu fais la folle avec un grand sourire, et tu ris à gorge déployée quand tu sens les oreillers ou les bras de papa amortir tes chutes, mais comme je l’ai dit plus haut, tu commences à te retourner, et à faire des roulés-boulés quand tu joues par terre, alors je m’attends à ce que tu te cognes d’ici peu, même si nous faisons tout ce que nous pouvons pour l’éviter, et que tu te fasses ta première bosse, qui viendra peut-être avant ta première dent, qui sait ?
L’autre jour, nous avons assisté, ta maman et moi, à une scène extraordinaire, que je me dois d’immortaliser dans ces quelques lignes, petite fierté de nous :
Ta sucette officielle, à force de la trimballer partout, à la maison, dans la voiture, chez nounou, à force de pomper dessus à tout va, de la faire tomber par terre (tu as tendance en ce moment à tout jeter par terre, surtout lorsque tu es assise dans ta chaise bébé), bref, de lui faire vivre une vie de sucette, ta sucette officielle, donc, comme je le disais, commençait à souffrir un peu physiquement, et surtout à avoir une drôle d’odeur, ne me demande pas pourquoi.
Et donc, nous avons décidé de t’en donner une autre, et ça s’est passé un soir, avant d’aller au dodo, alors que ta maman venait de changer ta couche, tu étais assise sur ton matelas à langer, dans la chambre, et je t’ai donné ta nouvelle sucette.
Et c’est là que nous avons compris qu’une sucette est un objet primordial pour un petit bébé tel que toi, Gabrielle de nous.
Tu as pris la nouvelle sucette dans ta main, et tu l’as observée en silence pendant une longue minute, la tournant dans tous les sens, la regardant, l’observant, sa forme, sa couleur, puis tu l’as secouée un peu pour voir si elle faisait du bruit, et en effet elle fait du bruit quand le petit anneau de plastique frappe le support de la tétine. Puis tu a posé ta langue dessus, pour voir quel goût elle avait, à plusieurs reprise, un peu méfiante, et tu à continué à l’observer, telle une experte en la matière, la soupesant, vérifiant son ergonomie, puis tu as mis la tétine dans ta bouche, une seconde à peine, comme pour vérifier la mise en bouche de la chose, puis tu l’as observée encore, puis remise en bouche, plusieurs fois de suite, avec des temps de plus en plus long, et finalement tu l’as mise n bouche définitivement, et tu as tendu tes petits bras vers nous pour qu’on te mette au lit.
Ta nouvelle sucette était adoptée.
C’est une scène qui était tout bonnement incroyable à regarder. Et ta maman et moi sommes restés à t’observer, en silence, durant les deux ou trois minutes qu’ont duré cet instant unique, puis nous nous sommes regardés, et nous avions tous les deux beaucoup d’émotion dans les yeux.
Tu as neuf mois et demi maintenant, petite Gabrielle, et nous sommes en décembre, la neige est tombée déjà, et nous commençons à penser aux cadeaux que nous allons demander au père Noël pour toi, petit trésor de nous.
Je ne sais pas ce qui te ferait réellement plaisir, parce que tu n’es pas encore atteinte de la fièvre de la consommation qui est l’apanage de notre société, mais je sais que tu adores tes petits jouets en plastique, notamment celui que nous avons trouvé il y a deux semaines à la bourse aux jouets de notre village, un escargot qui fait de la musique, et dans lequel tu peux mettre des cubes en forme de nuage, d’étoile ou de triangle. Bien sûr, tu n’y arrives pas encore, mais tu adores farfouiller dans le corps de ton gros escargot et aller chercher les cubes que papa et/ou maman mettent dedans.
Tu les retires, les mets dans la bouche (hé hé hé…) et tu les jettes au loin. Surtout quand tu es assise dans ta chaise bébé, tu les envoies voler au loin, et comme ils sont creux ils font un boucan d’enfer quand ils heurtent le carrelage de la cuisine et qu’ils rebondissent à qui mieux-mieux jusque sous les meubles, ce qui m’oblige à ramper sur le sol de plus en plus souvent !
Pour Noël, comme tu fêteras bientôt ton premier anniversaire, (hé oui, déjà, le 15 février prochain, belle petite Gabrielle…) je crois que le père Noël t’apportera un gros jouet que tu pourras monter dessus et qui roulera et que tu pourras te balader dans toute la maison avec.
Qu’en penses-tu, petite Gabrielle ? Es-tu d’accord pour cogner tous les meubles de la maison, prendre tes premières gamelles de jeune pilote, et nous faire rire pendant des heures avec ça ?
Allez hop ! J’envoie une lettre de ta part au père Noël dans la foulée.
Je te donne des nouvelles dès que possible, petite Gabrielle…
Voici quelques jours maintenant que j’ai remarqué que de temps à autre tu éprouvais des petites difficultés à respirer, petite Gabrielle, comme si tu avais une petite bronchite, ce qui me fait croire que tes premières dents ne vont peut-être pas tarder à pointer le bout de leur émail.
Bientôt (demain pour être précis) tu fêteras tes neuf mois, joli bébé de nous, et toujours rien pour éblouir tes gencives édentées !
Mais ce n’est pas très grave, rassure-toi, petite fillette adorable de nous. Il n’y a pas péril en la demeure, loin de là. Seulement là je crois que nous allons bientôt devoir t’assister dans cette lourde épreuve qu’est la sortie de la première dent.
Et encore, quand je dis « lourde épreuve », je n’en sais rien du tout. Il se peut très bien, au contraire, que tu ne sentes rien sortir et qu’un beau matin, hop ! tu te réveilles avec une dent là où la veille il n’y avait rien. On verra bien. En tous cas, j’ai bien l’impression que le travail a commencé, et que sous peu tu pourras mâchouiller les petits biscuits que ta maman a achetés rien que pour toi, petit trésor de nous, et que pour l’instant tu te contentes de sucer, pour les faire fondre dans ta bouche, et avaler la pâte de boudoir que tu formes entre tes gencives (encore) vierges.
C’est rigolo à regarder, mais peut-être pas très pratique pour toi, petite Gabrielle. Alors que tu ne cesses de porter tout ce que tu trouves à ta bouche, soit pour voir si l’objet en question est comestible, soit pour apaiser une gêne dentaire, c’est selon.
Il y a une chose que tu aimes par-dessus tout, petite Gabrielle, c’est de venir sur les genoux de papa, le samedi et le dimanche, quand papa a fini de prendre son petit déjeuner. Alors là tu réclames que je te prenne dans mes bras, tu lèves les tiens bien haut, assise dans ta chaise bébé, et tu attends avec impatience que je t’emporte et que je te pose sur mes genoux, sur lesquels tu peux faire du dada, mais mieux encore, tu peux avoir un point de vue imprenable sur tout ce qu’il y a sur la table, à l’heure du petit déjeuner.
Et la dernière fois, c’est-à-dire samedi dernier, tu t’es empressée de chiper un morceau de pain grillé qui trainait par là et que je n’avais pas eu le temps d’éloigner de ton rayon d’action et que tu as porté à ta bouche, illico presto, et quand je l’ai remarqué, tu avais déjà plein de mie et de croûte de pain grillé, tout mouillé, autour de la bouche. Mais tu avais l’air d’aimer ça, petite Gabrielle, ce qui a motivé ta maman pour aller acheter des boudoirs exprès pour petites filles qui commencent à goûter les aliments solides.
Il s’est passé un peu de jours depuis que j’ai commencé cet article, petite Gabrielle, et entre temps tu as été chez le médecin parce que tu as peut-être attrapé un petit virus, qui te donnerait comme une sorte de gastro-entérite.
Voilà pourquoi nous te changeons les couches plus souvent que d’habitude, et que nous le faisons avec une pince à linge sur le nez… parce que je ne raconte pas les odeurs, petit bout de nous !
Mais ce n’est pas de ta faute, pauvre petite Gabrielle. Comme beaucoup, tu es victime des premiers virus de l’hiver, et en plus tu dois prendre un médicament qui a un goût particulièrement amer (je le sais car je l’ai goûté moi-même…) et que nous mélangeons à ta nourriture, pour que tu le sentes moins passer. Mais il est vrai que mélangé dans ta purée du midi, des fois ce remède altère le goût de ton repas à un point qu’il en devient presque immangeable, pauvre petit bébé de nous.
Mais il faut ce qu’il faut, et bientôt tout ça ne sera plus qu’un mauvais souvenir, je te le garantis, petite Gabrielle… jusqu’à la prochaine fois !
Voici des jours et des jours qu’il pleut sans discontinuer, petite Gabrielle. Hier, nous avons passé la journée tous seuls, toi et moi, parce que maman et Clément sont allés passer la journée à Disneyland, et moi je suis resté pour te garder. Et il a plu du matin jusqu’au soir, pauvre petit bébé, ce qui fait que nous n’avons pas pu aller nous promener.
Alors aujourd’hui, comme le soleil avait l’air de pointer le bout de son museau, nous avons décidé de faire un petit tour dans le village, histoire de respirer un peu, et nous sommes sortis dans le grand froid, car il fait plus froid qu’il n’y paraît dehors, et nous avons parcouru quelques hectomètres avant… de recevoir la pluie sur la tête !
Nous sommes rentrés dare-dare, sous l’eau, et toi tu étais emmitouflée dans ton manteau, ton bonnet, ton écharpe et tes moufles, plus une couverture polaire, et tu ne cessais de bougonner dans ta sucette parce que la poussette filait à cent à l’heure.
Mais voilà, nous sommes arrivés sains et saufs à la maison, un peu mouillés certes, mais vivants ! Et là, petit bébé, je crois que tu es en train de prendre ton goûter, et qu’après tu vas aller jouer un peu dans ton parc, en attendant l’heure du bain, et après le dîner, tu feras un gros dodo jusqu’à demain matin, et voilà ta petite vie qui reprend le cours tranquille de sa petite routine, à un détail près ceci dit : nous attendons l’arrivée de ta première dent, petite Gabrielle !
Qui sait, ce sera peut-être pour la prochaine page de tes carnets ?
Et bien et bien et bien…
Que voici long temps que je n’étais venu te voir, ma jolie petite Gabrielle. Mais comme toujours, le temps passe si vite et nous avons tant et tant de choses à faire que je n’ai quasiment plus une seconde à moi, sauf que j’exagère un peu, et que j’essaie de trouver une bonne excuse pour n’être pas venu te saluer plus tôt dans les pages de tes carnets, petite fille de moi.
Mais que veux-tu que je te dise, petit amour de nous, tu grandis, de plus en plus vite, aussi vite que file le temps d’ailleurs, et tu deviens de plus en plus intéressante, à tel point que nous passons tellement de temps ensemble dans la vraie vie que d’une, je n’ai vraiment pas le temps de m’installer devant mon ordinateur, et que de deux, c’est beaucoup plus passionnant et palpitant de passer de vrais moments avec toi, petite Gabrielle, des moments magiques car tu évolues si vite et si bien, tu apprends si vite et si bien que nous découvrons presque chaque jour une chose nouvelle, toi et moi.
Toi parce que tu es à peine au commencement de ta vie et que par définition toute chose est une découverte pour toi, et moi parce que je suis sidéré de constater à quel point tu comprends et assimiles tout ce qui t’entoure, et ce à une allure qui me ferait presque peur parfois.
8 mois et demi aujourd’hui, petit bébé, c’est tout de même quelque chose, non ? Je ne t’ai pas vue grandir, ces huit premiers mois de ta vie, petite Gabrielle. Tout à l’heure, je te portais dans mes bras, et en passant dans la cuisine je suis tombé sur une photo accrochée au mur, une photo de toi et moi, quelques jours à peine après ta naissance, et tu faisais si petite, si minuscule, que tu tenais dans une seule de mes mains !
Et aujourd’hui, tu pèses ton poids, je peux te l’affirmer ! Et il me faut bien plus que mes deux mains pour te porter maintenant. Et depuis que tu te tiens assise toute seule, et que tu sais te débrouiller avec tes jouets et ta sucette pour t’occuper dans ton parc, c’est tout juste si tu as encore besoin de nous, tes parents, pour vivre ta vie !
J’en rajoute certes un petit peu, mais guère tout de même…
Tiens, hier soir, alors que j’étais dans la cuisine en train de rêver devant le feu, ou bien en train de regarder Ratatouille à la télévision, je ne sais plus très bien, ta maman m’a appelé de notre chambre, où elle était en train de te changer. Donc je me suis levé et je suis allé vous rejoindre dans la chambre, me demandant ce qui pouvait bien se passer pour que je sois appelé de la sorte, et je t’ai vue, petite Gabrielle, allongée sur ton matelas à langer, à moitié nue, avec une chaussette à toi dans une main, et ta maman qui me demandait de bien observer la scène que tu nous jouais.
Et bien, petit prodige de nous, avec ta petite chaussette rose à la main, tu n’essayais ni plus ni moins que de l’enfiler à ton pied ! Et oui, petite Gabrielle, avec ta chaussette rose à la main, tu nous regardais en faisant de grands sourires, et comme tu es capable (encore) de mettre tes pieds à hauteur de ta bouche, tu ramenais tes petits petons vers ton visage et tu tentais d’y enfiler la fameuse chaussette ! A croire que tu avais compris à quoi servait ce vêtement et que tu voulais te débrouiller toute seule !
Ta maman en était toute ébaudie, et moi j’en ai perdu (momentanément) l’usage de mon cerveau. Mais toi, petite Gabrielle, tu continuais à essayer d’enfiler ta chaussette (ce que tu n’as pas réussi à faire, je te rassure) comme si de rien n’était, et ça te faisait bien rire en tous cas.
Tu es si observatrice, tu regardes tout, tu enregistres tout, petit amour de nous, que je ne suis qu’à moitié surpris par ce qui s’est passé hier soir. Combien de fois tu nous as vus enfiler tes chaussettes sur tes pieds, donc je comprends très bien que tu aies su faire cette association d’idées dans ta petite tête, et que tu aies tenté de reproduire toute seule ce que tu as dû observer souvent depuis bien longtemps déjà.
Mais tout de même, te voir agir de cette façon à 8 mois et demi à peine, ça m’a fichu un coup, je peux te le dire ! Je ne sais pas si c’est un acte tout à fait normal pour ton âge ou bien si au contraire c’est un acte extraordinaire, parce que je n’ai pas de point de référence auquel me référer, mais en tous cas, ce que je peux te dire, petite Gabrielle, c’est que j’étais extrêmement fier de toi, hier soir, et ta maman aussi d’ailleurs, je crois bien.
Mais bon, de toute façon, nous sommes toujours fiers de toi, petit trésor de nous. Alors ça ne change pas grand-chose, de manière empirique. Mais je crois que nous serons heureux de nous rappeler ce petit souvenir, dans quelques années, lorsque tu seras plus grande, plus âgée, et que tu voudras savoir comment tu étais quand tu étais un tout petit bébé. Il nous suffira de nous replonger dans les lignes de tes carnets, et tous les détails nous reviendront aussi aisément que si nous les avions vécus la veille.
C’est bien pour cela que j’écris ces lignes, petit bébé de nous. Pour ne pas oublier, quand nos souvenirs seront trop vagues pour pouvoir te dire précisément comment les choses se sont réellement déroulées. Pour nous souvenir que tel jour où tu as parlé pour la première fois, il pleuvait ou bien il faisait beau, pour nous rappeler qui était présent la première fois que tu as mangé un petit pot, etc…
Aujourd’hui déjà, il m’arrive de me replonger dans les pages de tes carnets, et de revivre des évènements que nous avons vécus ensemble, comme si nous y étions. Bien sûr que nous y étions, puisque c’est nous qui les avons vécus, mais je suis sûr que tu comprends ce que je veux dire. Et déjà aujourd’hui, je redécouvre des faits, des détails que j’avais oubliés, et que j’avais confondus avec d’autres, survenus un autre jour, etc…
Notamment lors des premiers jours de ta vie, quand tu vivais bien au chaud dans le ventre de ta maman, petite Gabrielle. J’aime à parcourir de temps à autre nos souvenirs communs et me dire :
« Ha oui, en effet, c’est bien ce que nous avons vécu, ce que nous avons ressenti à ce moment-là de note vie. »
Enfin, voilà la raison de ces carnets, petite Gabrielle. J’espère en tous cas que tu les liras, quand tu seras plus grande, et que tu y prendras autant de plaisir que j’en ai eu à les écrire.
Et ton langage alors ? Si on en parlait un petit peu, qu’en penses-tu, petite Gabrielle ?
Et bien, tu ne cesses de parler, et tu évolues aussi beaucoup dans ce domaine. Voici plusieurs jours, voire plusieurs semaines, que tu dis « papa », et que tu dis aussi « mama », petite fleur de nous. Tu ne dis pas encore « maman », mais un beau « mama » clair et indiscutable, surtout quand tu as faim et que maman prépare ton biberon, et que tu attends et que tu t’impatientes, et tu pleures des « mama » à fendre l’âme, pauvre petit bouchon de nous.
Tu nous fais vraiment de la peine, tu sais, quand tu pleures ainsi en attendant ton biberon, parce que nous savons qu’il y a une petite part de comédie là-dedans, et c’est pour ça que ton petit numéro nous fait aussi sourire, petite Gabrielle. Mais tu le fais tellement bien, que je devrais te filmer pour que tu voies à quel point tu es formidable dans ce rôle, petit bébé de nous.
Et tes « ma-ma ! », « main-main ! », « ma-main ! » sont extraordinaires de sincérité, petite friponne de nous. Tu es géniale quand tu réclames ton biberon !
Parfois je me dis, quand je t’observe et que je t’écoute faire tes « papa ! » et tes « mama ! », je me dis que comme tous les bébés du monde depuis que l’homme est homme, tu dis ces mots-là parce que ce sont les premiers que tu es capable de prononcer en tant que petit être humain qui est physiquement constitué tel que nous sommes constitués.
« Papa » et « mama » sont des associations de sons faciles à faire, surtout quand on n’a pas encore la moindre dent dans la bouche, car le « p » et le « m » sont des consonnes labiales, c’est-à-dire qu’on les forme avec ses lèvres, et la voyelle « a » est la plus simple à prononcer quand on ne possède pas encore la langue.
Et comme tu ne sais pas encore, petite Gabrielle, que tu es Française et que ta langue maternelle est le Français, les mots « papa » et « mama » appartiennent bien, du moins je crois, au langage universel de tous les bébés du monde. Sauf si à votre âge vous êtes capables de mémoriser les sons que vos parents vous font entendre et que vous êtes capables ensuite de reproduire ces sons que vous entendez. Je ne sais pas, il faudra que je me renseigne à ce sujet…
Ceci dit, si une maman s’appelle une maman, et si un papa s’appelle un papa, et ce dans de nombreuses langues du monde, latines, anglo-saxonnes ou autres, et ce depuis nos racines latines et grecques et peut-être même bien plus avant encore, est-ce parce que ce sont les premiers mots qu’un bébé peut prononcer devant ses parents, et que les hommes ont alors adopté ces sons pour former les mots « papa » et « maman » pour se désigner comme tels devant leurs enfants?
C’est une bonne question, tu ne trouves pas, petite Gabrielle ?
Je ne sais pas encore quel est le vrai du faux dans tout ça, mais tout ce que je sais au jour d’aujourd’hui, c’est que ta maman est très, très, très fière quand elle t’entend l’appeler « mama », « mamain », ou bien encore « mainmain ».
Maintenant elle n’attend plus qu’une chose, c’est que tu l’appelles « maman » pour de bon, petite merveille de nous.
Et je crois que cela ne saurait tarder…
Bonjour ma jolie petite fille,
Cela fait bien longtemps que je n’avais commencé un article sous cette forme un peu épistolaire. Je faisais ça lorsque tu vivais encore dans le ventre de ta maman, qui est aussi jolie que toi, petite merveille de nous, lorsque je ne te connaissais pas comme je te connais aujourd’hui, lorsque tu n’étais pour moi qu’une enfant imaginaire, une image incertaine sur l’écran de contrôle des docteurs, une source de tant de joie, de doutes, d’angoisses et d’impatience !
Je t’en ai dit des choses depuis que j’ai décidé de prendre la plume pour tenter d’immortaliser tout ce que nous avons vécu et ressenti, ta maman et moi, depuis que nous avons décidé de te donner la vie.
Il y avait tant de possibles, tant de choix, cette infinité de causes et conséquences si minuscules, si invisibles, si aléatoires qui s’offraient à nous, que nous ne savions pas trop à quoi nous attendre.
Et c’est toi qui es arrivée, petite Gabrielle. C’est toi qui as gagné la grande course de la vie, c’est toi qui as su t’imposer parmi tous ces prétendants à la lumière, petit amour de nous.
Gabrielle.
Ce petit bout d’être humain qui tenait dans une seule de mes mains il n’y a pas si longtemps encore, et qui aujourd’hui me tourmente les reins chaque fois que je dois le porter ! C’est assez incroyable quand on y pense…
Aujourd’hui, petit bébé, tu fais partie de notre famille, dans laquelle tu y as toute ta place. D’ailleurs, tu en prends énormément, de la place ! Comme le faisait remarquer hier ta maman, entre le cosy, la chaise bébé, le parc, et tout le linge, oui je dis bien TOUT le linge de petite Gabrielle, il n’y a plus un seul espace exploitable dans la maison. Et encore, tu ne trottes ni ne marches encore !
Qu’est-ce que ça va être quand tu sauras te déplacer toute seule, petit trésor de nous ?
Et puis, en plus de la place que tu occupes, il y a ton caractère, beau bébé de nous. Avant, quand tu étais petite, tu étais là, certes, mais tu n’étais pas encore tout à fait toi, si tu comprends ce que je veux dire. Tu étais présente, mais tu ne t’affirmais pas en tant que petit être comme tu commences à le faire aujourd’hui.
Aujourd’hui, tu as ton siège attitré autour de la table, comme tous les membres de notre famille, et quand tu as quelque chose à dire et/ou à nous faire comprendre, tu sais le dire et/ou nous le faire comprendre. De toute façon, comme tu ne cesses de causer maintenant, il nous serait bien difficile de faire comme si tu n’étais pas là, avec nous, petite Gabrielle !
Tu te retournes tellement bien que maintenant il nous faut toujours garder un œil sur toi, parce que tu te retrouves sur le ventre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Pas plus tard que ce soir, dans ton parc, alors que tu jouais avec ton mobile, tu t’es soudain trouvée allongée sur le ventre, avec un bras coincé sous toi, et tu poussais de grand « Haaaaa ! » pour attirer mon attention, alors que j’étais en train de consulter mes e-mails.
A peine me suis-je levé pour te remettre dans le droit chemin, que tu étais de nouveau toute retournée, et que tu me souriais, comme pour me faire comprendre que c’était un nouveau jeu pour toi, sacrée petite friponne de nous !
Et en effet, c’est un jeu qui t’amuse beaucoup, surtout avec ta maman, quand tu es dans ton lit, et que tu enfouis ton petit minois dans ton tour de lit, puis que tu tournes la tête pour vérifier que ta maman est bien là et qu’elle te regarde encore, alors tu lui fais un aussi grand sourire qu’à moi tout à l’heure, et tu enfouis ton minois encore une fois dans ton tour de lit, ou bien dans ta couverture. Et tu recommences encore et encore, heureuse de constater que ton petit manège te plaît autant qu’à ta maman.
Ha ! Sacrée petite Gabrielle, qui commence à comprendre les arcanes du jeu avec papa et maman !
Il pleut, il pleut, et il pleut encore. Ce qui nous oblige, mon pauvre petit bébé, de rester cloîtrés à la maison. Et c’est ce que nous avons fait ce week-end. Et non, pas de promenade pour bébé Gabrielle ces jours derniers. Tout ce que nous avons à faire, c’est rester devant le bon feu de cheminée, et regarder les gouttes d’eau s’écraser contre les vitres de la maison.
Mais bon, ceci ne nous empêche pas de passer de bons moments ensemble, petite Gabrielle, et si nous ne sortons point, nous jouons à la maison, dans la cuisine, toi sur mes genoux, en train de te tortiller dans tous les sens pour tenter d’attraper tout ce qui est à portée de tes petites mains potelées, ou bien tu joues à te jeter en arrière, la tête la première, en comptant bien sûr que je sois là pour te tenir, et tu plonges la tête en bas, jusqu’à toucher mes pantoufles, et c’est un jeu qui t’amuse beaucoup, semble-t-il, puisque dès que tu es dans mes bras, tu tentes de jouer à ce jeu. Et comme tu sais que papa va finir par accéder à ton souhait, tu as toujours le sourire quand je joue avec toi.
Je ne sais pas pourquoi tu aimes tant ça, de te jeter en arrière la tête en bas. Tu dois aimer l’aventure, ou les sensations fortes, ça doit être ça, je pense, surtout après avoir mangé, que j’ai tout le temps peur que tout ce qui vient d’être avalé ne ressorte aussitôt !
Tu es un véritable petit casse-cou, ma belle petite Gabrielle, et je crois bien qu’il nous faut être très vigilants avec toi, parce que tu risques, si tu continues ainsi, de nous ramener une sacrée collection de plaies et de bosses, lorsque tu seras en âge de te mouvoir toute seule, ce qui sera bientôt le cas, j’imagine. A sept mois et demi, tu vas bientôt réussir à te déplacer à quatre pattes, c’est certain, et à ce moment-là, nous devrons sans cesse être derrière toi, pour nous assurer que tu ne vas pas te faire du mal, ou bien faire une grosse bêtise dans un coin obscur de la maison. Mais il n’y a pas de coin obscur dans notre maison…
Heureusement que nous avons notre parc, que tu aimes et dans lequel tu joues avec tes nounours ou bien tes mobiles en plastique. Comme ça, tu ne peux aller bien loin, même si tu ne te déplaces pas encore, et que tu te contentes pour l’instant de tournebouler sur toi-même.
D’autant qu’hier après-midi, je t’ai mise au dodo pour ta sieste, et au bout de dix minutes, tu ne dormais toujours pas, et tu ne cessais de parler, et de crier, comme tu sais si bien le faire depuis quelques semaines, tu sais, tes hurlements stridents qui nous déchirent les tympans, mais qui t’amusent tant que tu les pousses à longueur de journée (pauvre nounou !)… bref, je te disais donc qu’au bout de dix minutes, ne t’entendant pas dormir, ta maman est allée dans ta chambre pour voir si tout allait bien, et Ô surprise ! elle t’a trouvée allongée sur le ventre, coincée dans cette drôle de position, et tu attendais qu’on vienne à la rescousse, pour te retourner et te remettre sur le dos, sans quoi tu ne peux dormir, petite Gabrielle !
Mais ce qu’il faut retenir de tout ceci, c’est que hier, pour la première fois, tu as réussi à te retourner complètement, ma petite Gabrielle !
Voici une preuve supplémentaire que tu grandis, petite fillette de nous.
Jeudi dernier, le 29 septembre, en plus de la Saint Michel, nous fêtions également les Gabriel et Gabrielle, petite Gabrielle, et donc, par déduction logique, jeudi dernier, et bien, c’était ta fête, petit bébé de nous, ta première fête, et comme il se doit, plein de gens te l’ont souhaitée, soit directement, soit par le biais de papa et/ou maman. Et mamie, qui n’attendait que cela, est venue te rendre visite et t’a offert un beau cadeau, beau et utile en plus, j’ai nommé un bonnet péruvien, qui te va à merveille, petite Gabrielle, et qui te fait un tête vraiment adorable, petite beauté de nous.
Alors, qu’est-ce qu’on dit, petit bébé de nous ?
« Merci beaucoup mamie ! Je te fais un gros bisou pour ce joli cadeau qui me fait bien plaisir ! »
Voilà, petite Gabrielle, c’est bien. Tu es une gentille petite fille bien élevée, et nous, tes parents, sommes très fiers de toi.
Il faut que je pense à recharger mon dictaphone, pour enregistrer tes progrès de langage, petite Gabrielle. Avec tes cris suraigus, et tes variations de Bâ ! de Dâ ! de Vâ ! de Pâ ! de Blâ, etc, ajoutés à la puissance de ta voix, petit bébé, c’est une nouvelle étape dans l’évolution de tes capacités de parole, et comme celles que j’ai enregistrées quand tu étais petite, rappelle-toi, il y a quelques mois de cela, je me dois de les immortaliser en un beau fichier mp3, que nous écoutons et réécoutons régulièrement, ta maman et moi.
Même que je possède un enregistrement de tes battements de cœur, que j’ai fait la veille de ta naissance, petite merveille de nous. Et oui, quand tu seras plus grande, tu pourras écouter battre ton petit cœur, quand tu habitais encore dans le ventre de ta maman. Et crois-moi qu’il battait fort, très fort, et très vite aussi !
C’est une vraie chance que tu sois née à l’époque hyper technologique qui est la nôtre, petite Gabrielle, parce que ni ta maman ni moi n’avons de souvenirs de ce genre, et c’est bien dommage, quand on y pense. Mais bon, ce n’est pas si grave, petite Gabrielle. L’essentiel est que nous soyons tous ensemble, heureux et en bonne santé, tu ne crois pas, petit paquet de nous ?
Ha ! J’oubliais. Ce soir, alors que tu prenais ton bain, ou bien juste après, plutôt, alors que tu étais dans mes bras, tu as dit deux fois :
« Mâ ! »
C’est ta jolie maman qui était heureuse, petite Gabrielle, tu peux me croire !
Alors, maintenant la question est de savoir si tu diras Papa ou Maman en premier, petit prodige de nous. Nous attendons et espérons, petit bébé…
Aujourd’hui, quelques collègues de travail ont vu une photo de toi, petite Gabrielle, celle ou justement tu es coiffée du fameux bonnet péruvien que mamie t’a offert pour ta fête, celle qui est affichée en grand sur l’ordinateur de ta maman, au bureau, et ils t’ont tous trouvée adorable à croquer, petite beauté de nous, avec tes grands yeux marron et tes bonnes joues bien dodues. Tu les feras tous tomber, les garçons, dans quelques années, petite Gabrielle, même si papa gardera toujours un œil sévère sur ceux (ou celles) qui viendront me solliciter ta main, un jour, peut-être, sait-on jamais…
Mais nous n’en sommes pas encore à ce stade de notre vie, petit bébé de nous. Pour l’instant, contentons-nous de te regarder grandir, t’ouvrir au monde qui s’offre à toi et t’émerveiller devant tout ce qui est devant toi et nouveau pour toi.
Chaque chose en son temps, petit amour de nous, et la vie n’en sera que plus jolie.

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