Dimanche 26 septembre 2010
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14:46
C’est dimanche et il pleut.
Il pleut et il fait froid. L’automne est là et il est venu à l’heure. Il ne nous a même pas laissé quelques jours de douceur, histoire d’accepter au mieux la transition entre les beaux jours et
le temps de l’hiver, qui approche à grands pas, ma pauvre petite Gabrielle.
Et oui, voilà, l’été est
bel et bien terminé, et le temps est si mauvais que nous restons à la maison, sans pouvoir sortir nous promener, mon joli petit bébé. En ce moment, tu es allongée dans ton parc, celui que nos
amis de Courir à Thury nous ont offert, et que ta maman a installé dans le salon ces jours derniers. Tu es allongée dedans, sur les coussins, en train de tripoter tes jouets, en écoutant la
musique que papa vient de mettre (The Tea Party) et qui n’est pas très enfantine, je te le concède.
Mais que veux-tu, ma jolie
petite Gabrielle, nous n’écoutons pas de musique pour petit bébé à la maison, alors tu dois bien écouter un peu de rock, ce qui est très bon pour ta culture musicale. Mais je te promets que nous
écouterons les chanteurs et chanteuses que tu aimeras lorsque tu seras en âge d’apprécier par toi-même ton propre style de musique.
De toute façon, nous
n’entendons pas grand-chose, puisque tu ne cesses de pousser des cris stridents, si aigus, si longs et si forts que si nous étions des aristocrates, tu aurais fait voler en éclat toute notre
vaisselle en cristal, sacrée petite Gabrielle. Tu es dans ta phase « je pousse des cris aigus aigus aigus », voilà c’est tout. Il paraît que c’est tout à fait normal et naturel, petite
Gabrielle. Mais comme tu es une petite fille très gentille avec tes parents, tu ne fais pas encore de vocalises stridentes la nuit, donc tout va pour le mieux dans le meilleur des
mondes.
Si tu te réveilles, c’est
plutôt vers 6 heures du matin, parce que tu as fait ta nuit et que tu aimerais bien faire une petite grasse matinée, mais pour cela il te faut ta sucette, alors tu appelles papa et/ou maman, et
le premier qui aura le courage de se lever aura l’insigne honneur de trouver ta sucette qui se trouve quelque part au fond de ton lit et de te la remettre en bouche. Bien sûr, avant toute chose,
il faut pouvoir mettre la main dessus, ce qui n’est pas facile, car comme c’est une nouvelle sucette, elle n’est plus phosphorescente, comme la précédente, et il est donc moins aisé de la
dénicher sous tes couvertures dans le noir complet. Il n’y a plus de petit vers luisant qui scintille au fond du lit pour dire :
« Eh ! Je suis
ici ! Viens me prendre et remets-moi dans la bouche de bébé Gabrielle ! »
Et bien non, petit bébé.
Maintenant, il nous faut toute la dextérité des parents expérimentés que nous sommes pour retrouver ta sucette, te la donner, pour pouvoir nous recoucher et profiter encore un peu de notre propre
lit.
J’ai un peu de mal à
écrire, parce que tu es sortie du parc pour venir t’asseoir à côté de moi. Alors comme tu ne cesses de glisser, et que tu ne tiens pas encore très bien assise, je suis tout le temps interrompu
dans mon exercice d’écriture, vois-tu, petite Gabrielle.
Toi aussi tu joues avec ton
livre, un beau livre en tissu qui fait plein de bruits, et qui offre plein de possibilités de découvertes. Il y a dedans des papillons, des fleurs, des abeilles, et des poissons, et tu adores le
tripoter en tous sens, et le faire crisser sous tes doigts, et m’empêcher d’écrire en me donnant des coups de pieds sur la main, et me faire de grands sourires dès que je me tourne vers toi,
petite chipette de nous.
Et encore une fois tu es
toute rabougrie au fon du canapé. Et je me dois de te redresser toutes les trente secondes, et tu me remercies en hurlant de plus belle dans mes tympans, qui n’en demandaient pas tant, je te le
dis !
Voilà, maintenant tu es
calme, bien calée dans les coussins, et tu joues avec l’étiquette de ton livre. Comme tu le sais déjà, tu adores les étiquettes, bébé Gabrielle, et ça au moins, ça n’a pas encore
changé !