Voici quelques jours maintenant que j’ai remarqué que de temps à
autre tu éprouvais des petites difficultés à respirer, petite Gabrielle, comme si tu avais une petite bronchite, ce qui me fait croire que tes premières dents ne vont peut-être pas tarder à
pointer le bout de leur émail.
Bientôt (demain pour être
précis) tu fêteras tes neuf mois, joli bébé de nous, et toujours rien pour éblouir tes gencives édentées !
Mais ce n’est pas très
grave, rassure-toi, petite fillette adorable de nous. Il n’y a pas péril en la demeure, loin de là. Seulement là je crois que nous allons bientôt devoir t’assister dans cette lourde épreuve
qu’est la sortie de la première dent.
Et encore, quand je dis
« lourde épreuve », je n’en sais rien du tout. Il se peut très bien, au contraire, que tu ne sentes rien sortir et qu’un beau matin, hop ! tu te réveilles avec une dent là où la
veille il n’y avait rien. On verra bien. En tous cas, j’ai bien l’impression que le travail a commencé, et que sous peu tu pourras mâchouiller les petits biscuits que ta maman a achetés rien que
pour toi, petit trésor de nous, et que pour l’instant tu te contentes de sucer, pour les faire fondre dans ta bouche, et avaler la pâte de boudoir que tu formes entre tes gencives (encore)
vierges.
C’est rigolo à regarder,
mais peut-être pas très pratique pour toi, petite Gabrielle. Alors que tu ne cesses de porter tout ce que tu trouves à ta bouche, soit pour voir si l’objet en question est comestible, soit pour
apaiser une gêne dentaire, c’est selon.
Il y a une chose que tu
aimes par-dessus tout, petite Gabrielle, c’est de venir sur les genoux de papa, le samedi et le dimanche, quand papa a fini de prendre son petit déjeuner. Alors là tu réclames que je te prenne
dans mes bras, tu lèves les tiens bien haut, assise dans ta chaise bébé, et tu attends avec impatience que je t’emporte et que je te pose sur mes genoux, sur lesquels tu peux faire du dada, mais
mieux encore, tu peux avoir un point de vue imprenable sur tout ce qu’il y a sur la table, à l’heure du petit déjeuner.
Et la dernière fois,
c’est-à-dire samedi dernier, tu t’es empressée de chiper un morceau de pain grillé qui trainait par là et que je n’avais pas eu le temps d’éloigner de ton rayon d’action et que tu as porté à ta
bouche, illico presto, et quand je l’ai remarqué, tu avais déjà plein de mie et de croûte de pain grillé, tout mouillé, autour de la bouche. Mais tu avais l’air d’aimer ça, petite Gabrielle, ce
qui a motivé ta maman pour aller acheter des boudoirs exprès pour petites filles qui commencent à goûter les aliments solides.
Il s’est passé un peu de
jours depuis que j’ai commencé cet article, petite Gabrielle, et entre temps tu as été chez le médecin parce que tu as peut-être attrapé un petit virus, qui te donnerait comme une sorte de
gastro-entérite.
Voilà pourquoi nous te
changeons les couches plus souvent que d’habitude, et que nous le faisons avec une pince à linge sur le nez… parce que je ne raconte pas les odeurs, petit bout de
nous !
Mais ce n’est pas de ta
faute, pauvre petite Gabrielle. Comme beaucoup, tu es victime des premiers virus de l’hiver, et en plus tu dois prendre un médicament qui a un goût particulièrement amer (je le sais car je l’ai
goûté moi-même…) et que nous mélangeons à ta nourriture, pour que tu le sentes moins passer. Mais il est vrai que mélangé dans ta purée du midi, des fois ce remède altère le goût de ton repas à
un point qu’il en devient presque immangeable, pauvre petit bébé de nous.
Mais il faut ce qu’il faut,
et bientôt tout ça ne sera plus qu’un mauvais souvenir, je te le garantis, petite Gabrielle… jusqu’à la prochaine fois !
Voici des jours et des
jours qu’il pleut sans discontinuer, petite Gabrielle. Hier, nous avons passé la journée tous seuls, toi et moi, parce que maman et Clément sont allés passer la journée à Disneyland, et moi je
suis resté pour te garder. Et il a plu du matin jusqu’au soir, pauvre petit bébé, ce qui fait que nous n’avons pas pu aller nous promener.
Alors aujourd’hui, comme le
soleil avait l’air de pointer le bout de son museau, nous avons décidé de faire un petit tour dans le village, histoire de respirer un peu, et nous sommes sortis dans le grand froid, car il fait
plus froid qu’il n’y paraît dehors, et nous avons parcouru quelques hectomètres avant… de recevoir la pluie sur la tête !
Nous sommes rentrés
dare-dare, sous l’eau, et toi tu étais emmitouflée dans ton manteau, ton bonnet, ton écharpe et tes moufles, plus une couverture polaire, et tu ne cessais de bougonner dans ta sucette parce que
la poussette filait à cent à l’heure.
Mais voilà, nous sommes
arrivés sains et saufs à la maison, un peu mouillés certes, mais vivants ! Et là, petit bébé, je crois que tu es en train de prendre ton goûter, et qu’après tu vas aller jouer un peu dans
ton parc, en attendant l’heure du bain, et après le dîner, tu feras un gros dodo jusqu’à demain matin, et voilà ta petite vie qui reprend le cours tranquille de sa petite routine, à un détail
près ceci dit : nous attendons l’arrivée de ta première dent, petite Gabrielle !
Qui sait, ce sera peut-être
pour la prochaine page de tes carnets ?