Christophe Mely - Ecriture Service
Conception, rédaction, relecture, correction,
réécriture de tous vos documents.
Christophe Mely - Ecriture Service
Conception, rédaction, relecture, correction,
réécriture de tous vos documents.
Je suis un bébé
Je suis Gabrielle
Je suis un bébé
Je suis toute belle
Je suis un bébé
J’ai des cheveux courts
Je suis un bébé
Je suis un amour
Je suis un bébé
J’ai des yeux tout gris
Je suis un bébé
Comme une souris !
Je suis un bébé
Je suis Gabrielle
Je suis un bébé
Une petite abeille
Je suis un bébé
J’ai un petit nez
Je suis un bébé
Petit nez troussé
Je suis un bébé
Et j’ai des oreilles
Je suis un bébé
Comme papa pareilles !
Je suis un bébé
Je suis Gabrielle
Je suis un bébé
Une demoiselle
Je suis un bébé
J’aime les bisous
Je suis un bébé
Des bisous partout
Je suis un bébé
Un bébé charmant
Je suis un bébé
Joli comme maman !
Mon Dieu ! Nous sommes déjà le 07 du mois et je n’ai encore rien écrit dans tes carnets, ma pauvre petite Gabrielle !
Il faut dire que je n’ai franchement pas le temps en ce moment de m’attabler devant mon traitement de texte pour t’écrire un petit mot, ma petite fille, excepté là, tout de suite, auquel cas les mots ne s’aligneraient pas de la sorte sur ma page blanche.
Et pourtant, il me faut bien avouer que je suis en congé depuis le début de la semaine, et qu’en toute logique je devrais avoir tout le temps nécessaire pour écrire, mais ce n’est pas le cas, loin de là, petite Gabrielle !
Je suis en congé, certes, mais ceci ne signifie pas que je sois en vacances ! Tu demandes tant de temps et d’énergie à toi toute seule que lorsque nous sortons des biberons, des couches, des bains et des promenades, je n’ai plus la force de noircir des feuilles vierges. Même le soir, quand tu dors et que tout est calme à la maison, ta maman et moi ne tardons jamais à venir te rejoindre au dodo, parce que nos journées sont tellement remplies que nous ne demandons pas notre reste et que nous plongeons derrière toi dans un profond sommeil, jusqu’à ton prochain petit creux, et le cycle recommence…
De plus, comme le soleil fait une apparition de temps à autre, dès que nous avons l’occasion, ta maman et moi, nous passons un peu de temps dans le jardin, et j’en ai profité pour faire la première tonte de l’année cette semaine, et ta maman a nettoyé le potager, pour y planter bientôt les oignons et les échalotes qui vont assaisonner tous nos repas de l’année, en attendant le mois prochain pour planter les patates et les carottes, les radis et autres courgettes qui vont nous régaler tout cet été, et que peut-être tu goûteras, petite Gabrielle, quand tu seras en âge de manger tes premières purées de légumes.
J’ai profité également du retour du soleil pour rechausser mes chaussures de sport et j’ai couru mon premier footing de l’année. Je sais, il est bien tard pour s’y remettre, mais si tu veux, nous avons vécu ces dernières semaines un petit évènement, oh ! un tout petit rien du tout, mais qui nous a accaparés bien comme il faut, ta maman et moi, alors pendant quelque temps nous avons mis nos petites activités annexes de côté pour nous consacrer uniquement à ce petit évènement qui nous est tombé dessus, petit évènement qui se nomme Gabrielle Isabelle Christophe, et qui vaut bien toutes les courses à pied du monde…
Ceci dit, ce n’est pas à cause de toi, petit bébé, mais tout simplement parce que chaque année, je cours huit mois par an, et les quatre mois restants, ceux des grands froids, je les consacre à d’autres activités, plus casanières, comme la lecture et l’écriture.
Voici le pourquoi du comment, petite fille de nous.
Et maintenant, laisse-moi te conter la vraie raison qui m’a éloigné de tes carnets pendant plus d’une semaine, ma petite Gabrielle.
Tu es tellement jolie que je ne me lasse pas de te regarder, mon petit bébé.
…
(Tu viens de te réveiller à l’instant, et j’ai abandonné mon texte le temps de chauffer ton biberon, que ta maman est en train de te donner…)
…
Je disais donc, petite Gabrielle, que tu es tellement jolie que je ne me lasse pas de te regarder, de t’admirer, petite fille de nous. Et puis maintenant que tu commences à t’éveiller, chaque fois que toi tu nous regardes, tu nous fais de grands sourires, et parfois tu ris aussi, et toutes gencives dehors, tu nous gratifies de merveilleux Haaaa !! et de Haeuuu !!, car tu commences à t’exprimer autrement que par les pleurs et les cris, petite Gabrielle.
Quand tu es contente ou heureuse, tu causes, tu gazouilles, parfois même, c’est arrivé deux fois déjà en ma présence, tu nous as dit le fameux et néanmoins célèbre Areu ! avec le R au milieu du A et du EU !
Je ne sais pas si tu l’as fait exprès, petite Gabrielle, ou bien si à ce moment précis une petite gêne au fond de la gorge t’a forcée à prononcer tes Haeuuu ! comme des Areu !, mais le fait est que tu l’as dit et bien dit, mon petit bébé.
Alors ta maman et moi sommes aux anges, et nous passons le peu de temps libre que nous avons avec toi, et nous t’écoutons nous parler, puisque maintenant tu nous parles, chère Gabrielle.
Dans quelques minutes, tu auras terminé ton biberon, et après avoir changé ta couche, nous passerons quelque temps ensemble, jusqu’à ce que tu retournes au lit, en pendant le temps que nous aurons passé ensemble, nous allons encore nous gorger de tes paroles, petite fille de nous. Et si tu es sage, tu viendras dans le salon avec ton papa, et tu le regarderas taper sur son clavier et tu écouteras avec lui cet album de Bruce Springsteen qui ne peut pas faire de mal à ton éducation musicale, qui me tient très à cœur, comme tu as pu le constater, ma petite fille.
J’ai aussi commencé ton éducation olfactive, petite Gabrielle. Comme tous tes repas se composent pour l’instant exclusivement de lait, je me suis dit que pour varier un peu tes plaisirs, et pour éveiller un peu plus tes sens, je pourrais commencer à te faire découvrir quelques autres parfums que ceux du lait frais que tu bois, et celui caillé que tu régurgites de temps à autre.
Nous avons commencé par le yaourt aux fraises, puis dans le désordre il y eut le Roquefort, le Comté, les moules au cidre, le champagne, le chocolat, le vin rouge, la carotte crue… Des petits morceaux de chaque que je fais passer sous ton nez pour que tu t’imprègnes de leurs caractéristiques odorantes, qu’elles pénètrent un peu dans ta mémoire sensorielle, petite fille. Je ne sais pas si cela est très efficace, et ta maman me regarde avec de drôles d’yeux quand je te présente un aliment nouveau, mais j’aime bien ton regard étonné quand te voilà confrontée à une nouvelle expérience, à une chose inconnue que tu découvres tout à coup, et pour l’instant, je dois dire que je n’ai pas eu beaucoup de grimaces de ta part. Dois-je en conclure que tu apprécies ces petites expériences culinaires, ou bien es-tu encore trop petite et trop indifférente pour le moment ?
Tout ceci n’est pas très grave, ma petite fille, l’essentiel étant que nous passions de bons moments, toi et moi, et vu la quantité et la qualités de tes sourires après ces petites séances de découvertes olfactives, je me dis que dans l’ensemble ça ne doit faire de mal à personne.
Dimanche de Pâques, nous avons déjeuné chez mamie avec tonton Jean-Luc, et comme notre repas pascal était entrecoupé régulièrement soit par un biberon, soit par une couche pleine, ce fut un des plus longs déjeuners de mon existence, petite Gabrielle !
Ce qui ne nous a pas empêchés tout de même de faire une promenade dans le village, même s’il faisait un peu froid ce jour-là. Heureusement, tu étais bien couverte, petite fille de nous, et je crois d’ailleurs que c’est toi qui était la moins à plaindre de nous tous, vu que tu as dormi comme un ange durant tout la promenade. Vivent les bonnets Rox et Rouky et vivent les bonnes couvertures polaires !
La promenade d’hier après-midi fut bien plus agréable, puisque nous avons eu un temps splendide, à tel point que ta maman et moi sommes rentrés à la maison avec le visage tout rouge !
Toi, en tous cas, tu en as bien profité, petite Gabrielle. Qu’est-ce que tu dors bien quand on se promène en poussette ! Ce doit être les cahots de la route qui te bercent, puisque chaque fois que je m’arrête tu te réveilles et tu pleures, et tu te rendors quand ta poussette se remet en branle.
Comme prévu, te voilà à mes côtés, enveloppée dans une bonne couverture, couchée dans les bons coussins du canapé, et tu écoutes Bruce Springsteen en tétant ta sucette, pendant que je termine d’écrire ces quelques lignes. La fin de cette page est plus décousue car je ne cesse de m’interrompre pour te regarder sourire et causer, petite Gabrielle. Et puis, il te restait encore un petit rototo à sortir. Voilà qui est fait, petite fille.
Maintenant tu as les yeux fermés et la musique du Boss te berce. Dors bien, ma petite fille. Je vais rester à côté de toi, et te laisser dormir.
Peut-être bien que je vais faire une petite sieste avec toi, d’ailleurs…
Papi Lucien est passé nous rendre une petite visite à la maison ce matin. Comme dirait ta maman, une semaine sans te voir et tu lui manques déjà. Tous les prétextes sont bons, et papi a passé un moment avec toi, il t’a prise dans ses bras, et il s’est étonné que tu sois aussi lourde, par rapport à la dernière fois où il t’a vue, et que tu sois aussi grande, petite Gabrielle.
En tous cas, il était heureux de te voir, et je crois bien qu’on le verra plus souvent à la maison, maintenant que tu es parmi nous, petite Gabrielle.
Le décalage horaire ne vaut rien pour personne. Ha ! nous aurions passé un merveilleux week-end si n’était cette absurdité bisannuelle qui consiste soit à reculer, soit à avancer nos
montres et horloges d’une heure, cet infime battement de cil à l’échelle du temps universel, mais qui peut se révéler cataclysmique à notre échelle à nous, pauvre parent de petite Gabrielle que
nous sommes.
Mais ça, il me semble l’avoir déjà dit, non ?
Et voilà, petite Gabrielle. Nous avons passé un très bon week-end, car il n’a pas fait trop froid dehors, et ta maman en a profité pour aller se balader en ville avec ta mamie, pendant que je prenais soin de toi à la maison. C’est bien normal, car ta courageuse maman passe toutes ses journées enfermée à la maison, à s’occuper de toi, depuis un mois et demi maintenant, et les occasions de sortir, de prendre l’air, de rencontrer des gens se font rares, tant tu demandes de l’attention, petite Gabrielle.
Alors nous profitons, du mieux que nous pouvons, de mes jours de présence à la maison pour que ta maman puisse faire une petite pause de temps à autre. Cela me convient très bien, car je comprends parfaitement ce qu’elle peut ressentir à vivre toute la journée entre tes biberons, tes couches et ton bain quotidien, sans rien voir d’autre que des heures identiques qui défilent inexorablement. Et puis, ça nous donne l’occasion de nous rapprocher un peu plus encore, toi et moi, petite Gabrielle, si tant est que nous ayons besoin de nous rapprocher plus que nous le sommes déjà.
Quoiqu’il en soit, samedi, c’est moi qui étais de garde. Et je me suis occupé de tout. J’ai veillé sur ton sommeil, je t’ai préparé et donné ton biberon, j’ai changé ta couche, je t’ai fait plein de bisous et tu m’as fais plein de risettes, mais ça ce sont des choses que nous faisons tous les jours, toi et moi, petite fille de nous. Nous avons même fait une petite sieste ensemble, dans le grand lit de papa et maman. Et j’ai dû aussi te donner ton bain. C’était la deuxième fois, et en plus j’étais tout seul pour le faire.
Et bien, je crois que nous nous en sommes très bien tirés, toi et moi. Tu n’as pas pleuré plus que ça pendant que je procédais à ta toilette. Tu as pleuré un peu lorsque tu t’es trouvée toute nue, comme d’habitude, mais beaucoup moins fort que d’accoutumée, et une fois dans l’eau, que j’avais remontée d’un tout petit degré, tu t’es sentie comme un poisson dans l’eau, à tel point que je t’y ai laissée près de dix minutes, tellement tu te sentais bien dans cette eau bien chaude, à gigoter tes petites jambes et tes petits bras tandis que je maintenais ta petite tête hors de l’eau, et que tu me regardais droit dans les yeux en souriant de toutes tes gencives, desquelles sortaient régulièrement des Haaa ! et des Heuuu ! de plaisir et de contentement.
J’étais aussi ravi que toi, car ton bain se passait bien, et je me sentais bien soulagé de m’en sortir avec autant d’à propos.
Evidemment, quand tu es sortie de l’eau tu t’es remise à pleurer, mais beaucoup moins que d’habitude, car peut-être que ton bain prolongé t’avait un peu fatiguée. Quoiqu’il en soit, je t’ai séchée puis habillée en un rien de temps, et j’ai même eu droit à un ou deux petits sourires pendant ce temps. Nous progressons, petite Gabrielle, nous progressons.
Hier dimanche, ta maman, Clément et moi sommes allés à notre première brocante de l’année. Nous voulions t’emmener avec nous, mais il faisait un peu froid, à cause du vent qui était persistant, et comme tu es encore bien petite pour passer trois heures dans un tel climat, nous avons préféré demander à mamie si elle voulait bien venir te garder, ce qu’elle a accepté sans discuter.
Nous avons fait plein de bonnes affaires à la brocante, et quand nous sommes rentrés, vers 17h, tu dormais profondément, tandis que mamie discutait dans la cuisine avec tonton Jean-Luc et Catherine, qui étaient arrivés entre temps. Nous avons partagé un brasillé et une brioche ensemble, puis nous avons tous assisté à ton bain, en fin d’après-midi, et j’ai renouvelé l’expérience de mettre un peu plus d’eau et un peu plus chaude dans ton bain, et tu t’es comportée exactement comme la veille, petite Gabrielle. C’est formidable, non ?
Ton papa est tellement bête qu’il n’a pas songé une seconde que tu avais grandi, petite Gabrielle, et il continuait à remplir ta baignoire avec exactement le même volume d’eau que lorsque tu avais huit jours !
Ca vaut bien la peine d’être une grande personne si je ne comprends pas ce genre de détails. Il suffisait juste de remplir la baignoire à hauteur de ton nouveau gabarit, et c’est tout !
Maintenant qu’on a bien intégré le concept, ton bain quotidien va devenir un vrai bonheur pour tout le monde, petit bébé de nous…
Mais quand est arrivé le dimanche soir… Déjà, en temps normal, tu prends ton biberon de 19h30, et tu dors jusqu’à 2h00, mais ça nous le savons déjà. C’était notre rythme et nous en étions très satisfaits.
Mais hier soir, quand tu t’es réveillée à 21h30 et que tu as réclamé un nouveau biberon, j’ai commencé à avoir des sueurs froides. Tu as englouti ton lait comme une véritable petite gloutonne, puis tu es retournée au lit, jusqu’à 4h00, même si pour ton estomac il était 3h00. Et comme la dernière fois, quand tu bois ton biberon avec une heure de retard réelle et deux heures suite au décalage, tu étais si bien réveillée que tu nous as fait suer jusqu’à 6h00 du matin !
Et moi je me suis levé à 6h45 pour aller au travail…Arghh !!
Rappelle-moi quel est cet ancien Président, aujourd'hui académicien, qui a instauré cette pratique absurde dans les années soixante-dix ? C’était peut-être une bonne chose concernant les problèmes d’économies d’énergie, mais je ne crois pas que ce cher monsieur ait pensé aux petits bébés qui subissent aussi les changements d’horaire… et leurs parents non plus, d’ailleurs !
Il est 21h10 à mon horloge électronique, et à la seconde où j’écris ces lignes, tu es dans les bras de ta maman en train de boire ton biberon du soir, le biberon de l'insomnie… je ne suis pas certain que ta maman et moi allons faire une bonne nuit, la nuit prochaine…mais c’est la règle du jeu, non?
Tu viens de faire un gros rototo, et là tu dors debout, littéralement, dans les bras de ta maman. As-tu réellement faim, ou bien te manquait-il juste quelques millilitres de lait pour combler vraiment ton estomac ?
Seule la nuit à venir nous le dira, petite Gabrielle…
Après vérification, il s’avère que tu n’avais pas faim, mais que tu avais fait une belle et grosse commission dans ta couche, petite Gabrielle.
Comme quoi, il nous reste encore beaucoup de choses à apprendre, petit bébé de nous. Honte à nous de n’y avoir pas songé plus tôt !
La faute à ces couches ! Elles sont trop hermétiques et nous n’avons strictement rien senti !
(Il nous faut bien trouver un responsable, petite Gabrielle !)
Et maintenant, au lit !
Bonne nuit, petit bébé de nous, et à tout à l’heure, quand les étoiles brilleront dans le ciel.
Voici ce qui arrive
quand on n’a pas la tête à ce qu’on fait :
Mardi soir, après dîner, alors que ta maman préparait tes affaires de la nuit, tes biberons, ton bavoir et tes couches, et que pour ma part j’essuyais la vaisselle, tout en discutant des évènements de la journée, le stérilisateur tournait dans le four à micro-ondes, éliminant toutes les impuretés et toutes les méchantes bactéries des ustensiles nécessaires à ton bien-être, petite Gabrielle.
Pendant ce temps, la bouilloire chauffait l’eau de mon infusion, et tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Toi, petite Gabrielle, tu dormais de tout ton saoul dans ton petit lit de bois blanc. Nous ne t’attendions pas avant 1h30 du matin, et donc nous avions encore un peu de temps devant nous avant d’avoir à nous occuper de toi à nouveau.
L’eau de mon infusion était prête à l’emploi, et le stérilisateur finissait de tourner dans le four à micro-ondes. Je versai l’eau dans ma tasse, laissant infuser les plantes qui n’allaient de toute façon pas m’aider à m’endormir, vu que toi, petite fille, tu exiges tellement de nous que je n’ai pas besoin d’artifice pour trouver le sommeil. Bref, si je prends une infusion le soir, c’est uniquement par plaisir.
Seulement, ce soir-là, je trouvais qu’elle avait une odeur particulière, qu’elle sentait le brulé, pour tout te dire. Et ta maman était d’accord avec moi. Elle qui a l’odorat si fin, elle ne pouvait passer à côté de cette odeur, qui ne pouvait sortir que de notre bouilloire toute neuve, et qui avait dû surchauffer, ou quelque chose de ce genre.
Je pris donc l’appareil en main et le tournais en tous sens, afin de vérifier que tout allait bien, et je ne vis rien d’inquiétant. Je me tournais alors vers le four à micro-ondes, qui tourne 24h sur 24 depuis que tu vis à la maison, petite Gabrielle, et pensant qu’il commençait à se faire vieux et qu’il était très sollicité ces dernières semaines, j’enfournai ma tête à l’intérieur et reniflai de mon mieux, mais là non plus, mon cerveau fatigué ne distingua rien de spécial.
Mais d’où pouvait bien provenir cette odeur de brûlé, et même de plastique brulé, qui nous agaçait les narines, à ta maman et à moi, et dont nous ne parvenions pas à déterminer l’origine ?
Par dépit, nous décidâmes de continuer à vivre notre vie, et ta maman s’apprêtait à préparer ton prochain biberon, et pour ce faire sortit du stérilisateur la petite poire en plastique qu’elle branche sur son appareil électrique, et là, stupeur !, nous constatons que l’embout du tire-lait est tout fondu, et qu’il sent le plastique brûlé !
C’était donc lui, le coupable qui faillit nous faire accuser la bouilloire !
Mais comment avait-il pu en arriver là, cet embout de plastique ? Tout simplement parce que lorsque nous avons mis le stérilisateur en route dans le four à micro-ondes, pris dans le feu de l’action, nous avons oublié d’y mettre de l’eau, et la stérilisation s’est effectuée à sec, ce que l’embout du tire-lait a moyennement apprécié.
Nous voilà bien marris, Gros Jean comme devant, comme on dit, car cet embout était le seul que nous possédions, et il était plus que nécessaire pour tirer le lait de ta maman, et voilà qu’il était hors d’usage, et voici que nous étions incapables de tirer notre lait, et nous n’avions pas le choix, nous devions le tirer, et tout de suite. Nous ne pouvions attendre le lendemain matin, sous peine de fortes douleurs dans la poitrine, ta maman à cause de l’accumulation de lait, moi à cause de mon cœur fragile qui n’aurait pu supporter de voir ta maman souffrir toute la nuit. Que faire ?
Oui, on aurait pu te mettre au sein, petite Gabrielle, et te laisser éponger l’excédent toute seule, mais il se trouve que tu éprouves de grandes difficultés à te servir directement à la source, et que tu ne bois pas tout ton content lorsque tu têtes au sein. C’est pourquoi nous avons recours à un appareil qui nous aide à tirer notre lait, que nous te donnons avec un biberon. Sinon, tu crois bien, petite fille de nous, que nous nous serions bien passés d’un tel stratagème pour te faire boire le bon lait maternel…
Bien évidemment, il était 21h30, et tout était fermé autour de nous. Seule solution, trouver une pharmacie de garde et espérer pouvoir trouver un nouveau kit qui nous sortirait de notre misère. Levé depuis 5h30 du matin, et après une bonne journée de travail, je ne rêvais que d’aller me coucher, mais voilà que je devais me mettre en quête d’un nouveau kit de trait pour nous sortir de la mouise dans laquelle nous nous étions englués, ta maman et moi.
Internet allait nous sauver la vie, du moins le croyais-je. J’y trouvais le numéro de téléphone des pharmacies de gardes de la région, appel facturé 0,34 cts la minutes, et après avoir tapé sur bien des touches, on me mis en relation avec la pharmacie de garde la plus proche, et quand le pharmacien décrocha et que je lui expliquai mon problème, il me dit qu’il n’avait pas de kit en réserve (ce qui me surprit un peu), que s’il en avait eu un il m’aurait fallu une ordonnance pour qu’il me le délivre (ce qui me surprit beaucoup) et que de toute manière je devais d’abord passer par le commissariat le plus proche pour avoir l’autorisation de passer le voir (ce qui me consterna).
Bref, nous n’étions pas plus avancés. Je me décidai d’appeler le commissariat le plus proche, afin qu’il me renseigne sur d’autres pharmacies disponibles, mais la seule ouverte était celle que je venais de contacter, et en plus elle allait fermer dans dix minutes !
Le gendarme, car le commissariat le plus proche de chez nous est une gendarmerie, m’a conseillé d’appeler le commissariat de Caen, qui lui allait me diriger vers toutes les pharmacies ouvertes la nuit en ville, à 25 kilomètres de la maison ! Mais comme il y a urgence et que je pense à ta maman et à toi avant tout, j’appelle le commissariat de Caen. Appel facturé 1,35 € puis 0,34 cts la minute, bien sûr. Et après avoir entendu deux fois les quatre mouvements des Quatre Saisons de Vivaldi, je décidai de raccrocher, en pensant que si j’étais en train de me faire assassiner, j’aurais eu le temps de mourir dix fois…
Nous avons alors téléphoné au médecin de garde, qui nous a conseillé d’appeler le numéro des pharmacies de garde, ce que nous avions déjà fait, sans résultat, puisque la seule pharmacie disponible près de chez nous n’avait pas en stock ce que nous demandions. Retour au point de départ.
Par précaution, je refis tout de même le numéro, et en tapant sur une autre touche, qui était cachée la première fois, on me donna le numéro d’une pharmacie ouverte, à une vingtaine de kilomètres de la maison, et qui avait bien quelques kits de tire-lait de disponibles ! Houra !
Je grimpai alors dans la voiture, et sous une pluie battante je fonçai dans la nuit pour aller quérir ce kit, ce petit embout de plastique qui allait nous sauver la vie, ou tout du moins la nuit, ce qui n’était déjà pas si mal…
Quelle aventure !
Pendant ce temps, toi, petite Gabrielle, tu dormais comme un bébé. Et lorsque tu te réveillas, vers 2h00 du matin, ton biberon était prêt, et le bon lait de ta maman t’attendait, comme si de rien n’était…
Maintenant, nous vérifions toujours deux fois si le stérilisateur a bien l’eau dont il a besoin pour fonctionner correctement. Comme quoi, les erreurs sont toujours sources de progrès, petite Gabrielle.
Une leçon à retenir.
Nous avons reçu beaucoup de courrier pour toi, ces derniers jours, petite Gabrielle. Suite aux faire-part que nous avons envoyés, nous avons reçu, tu as reçu, en retour, des lettres, des cartes et des colis, avec plein de jolies choses dedans, petite fille de nous.
Remercions ta grand-tante Marie-Thérèse, qui t’offre un petit ensemble mignon comme tout.
Remercions David, Sandrine et leurs enfants pour leurs vœux et le petit ensemble rouge et blanc qu’ils t’ont envoyé.
Remercions Sonia pour son pyjama orange et sa petite carte.
Remercions Julien, Agnès et petit Jules pour leur carte et la petite boite à souvenir qu’ils t’ont offerte, une boite avec plein de tiroirs pour y ranger toutes tes premières fois.
Remercions ton grand-oncle Marc pour la carte que nous avons reçue aujourd’hui. Ton faire-part lui a fait grand plaisir. Il était vraiment heureux que tu penses à lui, petite Gabrielle.
Remercions ta tante et future marraine Myriam pour son colis plein de bonnes surprises. Des bodies, une gigoteuse 6-24 mois ! Tata Myriam voit loin, très loin…Et merci pour la petite souris musicale, tata Myriam, tonton Arnaud, et les cousins, Marie, Guillaume, Thomas et Antoine !
Mais comme vous venez nous voir au mois de mai, vous auriez pu économiser le prix d’un aussi gros colis !
En tous cas, merci à tous et à très bientôt.
Gabrielle vous remercie et vous embrasse tous très fort.
Comme je le disais hier je crois, l’intervalle entre tes biberons s’allonge considérablement ces derniers jours, à tel point que le soir, après ton repas de 19h, tu dors jusqu’à 2h00 du
matin à peu près, ce qui te (nous) fait une plage de sommeil de sept heures environ, ce que nous apprécions à sa juste valeur et ce dont nous te remercions vivement, petite
Gabrielle.
Il n’y a pas que des inconvénients à te voir grandir et évoluer, ma petite fille. Nous sommes en mesure maintenant de commencer à rattraper un tant soit peu le sommeil en retard que nous cumulons (surtout ta pauvre maman) depuis un mois et demi environ.
Sauf quand tu décides de décaler ton (notre) planning d’une heure, petit bébé de nous. Une infime petite heure, microscopique battement de cil sur l’échelle infinie du temps universel, mais qui peut se révéler cataclysmique à notre misérable petite échelle à nous, pauvres parents de toi que nous sommes…
Hier soir, je suis rentré un peu plus tard à la maison car je suis allé rendre une petite visite à tonton Jean-Luc, afin de l’aider à configurer son nouvel ordinateur. Et je m’attendais, comme la veille, à te trouver au dodo, dormant à poings fermés, comme à ton habitude, digérant dans de merveilleux rêves cotonneux ton biberon de 19h.
Mais que nenni, petite Gabrielle. A 20h, tu étais tranquillement installée sur les genoux de ta maman, pompant comme un Shadock sur ta tétine, emplissant ton petit estomac du bon lait maternel qui t’apporte tant de bonnes choses nutritives et énergétiques, et qui te permet aussi un peu de trouver plus facilement le sommeil, et nous un peu de repos compensateur, de temps à autre. Tu as pris ton biberon avec une heure de retard par rapport aux autres jours, une infime petite heure, qui a fait que tu t’es couchée à 20h30 au lieu de 19h30, que tu t’es endormie vers 21h30 au lieu de 20h30, et que tu t’es réveillée vers 3h00 du matin au lieu de 2h00.
La différence n’est pas très flagrante, vue d’ici, petite Gabrielle. Mais laisse-moi maintenant t’expliquer les tenants et les aboutissants de cette petite, ténue, ridicule différence :
Lorsque tu te réveilles à 2h00 pour ton biberon de la nuit, disons que tu fais comme moi, petite Gabrielle, tu marches au radar. C’est-à-dire que tu gémis faiblement pour réclamer ta pitance nocturne, puis que tu bois ton lait en dormant, d’un geste mécanique et en mode pilotage automatique. Ensuite, nous changeons ta couche tandis que tu digère ton repas en t’enfonçant allègrement dans les limbes infinis de l’inconscience la plus noire, puis nous te recouchons en douceur, 45 minutes plus tard, tandis que les poings fermés, te voilà repartie dans les bras de Morphée jusqu’au petit jour, et nous, ton papa et ta maman, retournons nous coucher, et nous t’imitons, sans demander notre reste, jusqu’au moment ou sonne le réveil qui annonce une belle et nouvelle journée.
Lorsque tu te réveilles à 3h00 pour ton biberon de la nuit, disons que tu es tout le contraire de moi, petite Gabrielle, tu pètes le feu. C’est-à-dire que tu pousses des cris à faire pâlir de jalousie Céline Dion en personne pour réclamer ta pitance nocturne, puis que tu bois ton lait les yeux grands ouverts, attentive à tout ce qui se passe autour de toi, en gigotant à qui mieux-mieux histoire de te dépenser un peu pendant que tu manges. Ensuite, nous changeons ta couche tant bien que mal tandis que tu plies et déplies et replies et déplies encore tes gambettes pour nous faciliter la tâche qui consiste à scratcher ta couche comme il faut autour de ta petite taille, tandis que tu gazouilles sans te soucier une seconde de ceux qui tentent de dormir dans cette maison, puis nous te recouchons en douceur, puis nous nous relevons pour te remettre en bouche la sucette que tu as crachée deux secondes auparavant et te donne envie de crier sans te soucier une seconde de ceux qui tentent de dormir dans cette maison, puis nous nous recouchons, puis nous nous relevons pour t’aider à expulser le petit rototo qui était resté coincé au fond de ta gorge, puis nous nous recouchons, puis nous nous relevons pour te remettre ta tétine en place, puis nous nous recouchons, puis nous écoutons ton babillage ininterrompu, car c’est vers 4h00 du matin que tu te décides à raconter ta vie à ton doudou et aux peluches qui vivent avec toi dans ton lit, puis nous nous relevons pour aller te chercher et t’installer dans notre lit, ou finalement, vers 4h30-5h00, tu t’octroies un petit somme réparateur, tandis que papa et maman essaient vainement de retrouver le sommeil avant que le réveil sonne, et y parviennent, 15 minutes avant que le réveil sonne…
Ha, petite Gabrielle est une véritable petite chipette !
Tu sauras dorénavant que dans cette maison, ma chère petite fille, le dîner est servi à 19h00… Que cela soit écrit, et s’accomplisse !

_________________