Christophe Mely - Ecriture Service
Conception, rédaction, relecture, correction,
réécriture de tous vos documents.
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Joyeux moisiversaire !
Joyeux moisiversaire !
Joyeux moisiversaire, Gabrielle !
Joyeux moisiversaire !
Et voilà. Et oui. Enfin. Ca y est. Nous y sommes. Petite Gabrielle, tu as deux mois aujourd’hui. Deux mois tout pile, et laisse-moi être le premier à te dire que tu ne les fais pas, mais alors pas du tout, ma jolie petite fille.
Tu es aussi fraîche et belle que tes premiers jours, petit amour de nous. Et même plus belle encore, puisque tu ne cesse d’embellir jour après jour. (Que de beauté dans ces deux phrases !) Comme beaucoup de petits bébés, tu me diras, mais comme moi je n’en ai qu’un seul, je ne peux comparer qu’avec toi-même, ce que je fais avec délice, petit bout de nous.
Alors, qu’est-ce que cela te fais, d’avoir deux mois ?
Tu dois te sentir bien plus grande, plus mûre et plus expérimentée qu’il y a soixante jours, non ? Je crois bien que oui. Quels progrès as-tu accomplis depuis tout ce temps ! Je dis tout ce temps, mais c’est une façon de parler, petite Gabrielle, parce que deux mois, ce n’est tout de même pas si long que ça, sauf pour toi peut-être, du haut de ta petite personne.
Alors, en deux mois, que de progrès, disais-je, puisque maintenant tu gigotes, tu gazouilles, tu souris, tu ris, tu fais la tête quand je te dis d’aller au dodo et que tu ne veux pas y aller, tu bois des biberons de 150ml, tu portes des pyjamas taille 3 mois, ce que tu ne faisais pas avant, ou alors par mégarde quand c’était papa qui t’habillait, tu sors en poussette, et même parfois en voiture (Mercedes, la classe…), tu regardes la télévision (déjà !), tu écoutes de la bonne musique (normal c’est la même que papa et maman), tu suis le foot avec attention (ton papa supporte l’OM, et ta maman est fan des Girondins de Bordeaux, choisis ton camp, Gabrielle), et plein d’autres choses encore qui ne me reviennent pas là tout de suite mais que je noterai dans un coin de tes carnets quand elles me reviendront.
De toute manière, si on veut voir l’étendue de tous tes progrès depuis le jour de ta première échographie, le 11 août 2009, il n’y a qu’à lire le Journal d’une vie nouvelle, dans ce même blog, et les premières pages de tes carnets, petit morceau de nous. Je ne peux pas faire mieux.
Hier soir, nous avons tenté de ruser un peu pour que tu fasses une nuit complète, petite Gabrielle. J’ai réglé toutes les horloges de la maison avec une heure de retard, et quand tu as vu qu’il était 20h, l’heure de ton biberon du soir, en fait il était 21h, et du coup tu as mangé jusqu’à 21h30, puis tu es allée au dodo, et là tu as dormi jusqu’à…5h30 ce matin !
Huit heures et demie à la suite, petite Gabrielle, c’est génial, non ? Attends une minute, petite fille…5h30 moins huit heures et demie = 21h.
Ha oui, ça me revient maintenant, tu as mangé à 20h30, et tu es allée au dodo à 21h, c’est ça. C’est moi qui me suis levé pour te donner ton biberon ce matin, alors je le sais.
Non, en fait, on a réussi à te faire patienter jusqu’à 20h30 pour te donner ton dernier biberon, au lieu des 19h30 habituelles, donc tu as dormi une bonne partie de la nuit, et nous aussi, petite insomniaque de nous. Nous sommes sur la bonne voie, il faut continuer ainsi.
Ta maman vient juste de me téléphoner pour me raconter ta visite médicale, petite Gabrielle. Car évidemment, le moisiversaire correspond aussi, hélas, à la date de la visite mensuelle chez le docteur.
Comme tu es une grande fille maintenant, tu as eu droit à ton tout premier vaccin, deux en fait, un dans chaque cuisse, et tu as pleuré à la deuxième piqure, courageuse petite Gabrielle, mais pas à la première ! Normal, tu ne savais pas ce que c’était, à la première, du moins tu avais oublié les prises de sang à l’hôpital, je suppose, au cours de tes tous premiers jours de vie.
Néanmoins, tout va bien, tu pèses 4,600 kilos et tu mesures à présent 55 centimètres, ma grande Gabrielle ! Papa est fier de toi, ma fille.
Je suis rentré un peu plus tard que prévu, parce que je me suis arrêté en chemin pour te trouver un petit cadeau, petite Gabrielle, comme je te l’avais promis. J’ai trouvé un petit pyjama couleur lilas, avec son body assorti, et j’étais tout heureux de rentrer à la maison pour te l’offrir au plus vite.
Mais quand je suis arrivé, c’était le branle-bas de combat. Tu venais tout juste de régurgiter ton dernier biberon, et il y avait du lait caillé partout sur toi, ton pyjama, ta gigoteuse et dans le lit. Alors je n’ai pas eu le temps de savourer ton petit cadeau avec ta maman et toi, petite Gabrielle. Nous nous sommes tout d’abord affairés pour tout remettre en état, te nettoyer, te changer et mettre des draps propres sur ton lit.
Puis ta maman t’a donné ton bain, et tu n’arrêtais pas de pleurer, pauvre petit bébé de nous, parce que ce soir tu n’étais pas au mieux de ta forme. Mais le docteur a prévenu ta maman ce matin :
Votre petite fille risque de ne pas accepter ses vaccins, et il se peut qu’elle fasse un peu de fièvre dans la soirée…
Et c’est exactement ce qui se passe, ma belle enfant. Tu nous fais de la fièvre, suite aux deux vaccins que tu as eus ce matin. Alors nous t’avons donné ce soir, pour la première fois, du Doliprane pour nourrisson, pour apaiser un peu tes douleurs et tes courbatures, pauvre petit bébé.
Mais c’est un bon Doliprane que celui-ci, car il a un goût de fraise, pas comme celui que papa prend quand il a mal à la tête, parce que le sien il a plutôt un arrière-goût de carton mâché, vois-tu, petite Gabrielle…
Alors tu as bien de la chance dans ton malheur, car « grâce » à ta petite réaction aux vaccins, tu as découvert aujourd’hui le merveilleux goût de la fraise. C’est tout de même un chouette moisiversaire, non ?
A présent tu dors, petit bébé de nous. J’espère que tu vas passer une bonne nuit, et que tu vas faire de doux rêves malgré tout. Ne t’en fais pas, petite Gabrielle chérie, papa et maman sont juste à côté et veillent sur toi. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer, mais nous ne pouvions pas nous en affranchir. C’est pour ta santé, petite fille de nous.
L’essentiel à retenir, ma belle petite Gabrielle, c’est qu’aujourd’hui tu as deux mois, que tu es de plus en plus jolie, que tu portes un adorable petit pyjama rouge, que tu es bien courageuse et que papa et maman t’aiment fort comme ça.
Pour le reste, ce ne sont que les petits aléas de la vie. Tu n’as qu’à faire comme si ce n’était pas si grave…
Bon moisiversaire, ma petite puce. Papa et maman t’embrassons très fort.
Ps : nous avons eu quelques informations complémentaires concernant ton affaire d’acte de naissance invalidé. Mais tout ceci n’est pas encore tout à fait clair. Ils ont demandé si je connaissais bien l’orthographe de mon nom de famille, celui que je t’ai donné, petite Gabrielle.
C’est un monde, tout de même !
Je t’en dirai plus quand nous en saurons d’avantage…
Gabrielle, Gabrielle, Gabrielle…
Hier je me réjouissais que tu nous aies fait une première nuit complète, et je plaçais tous mes espoirs dans le fait que c’était la première fois la plus importante, la plus belle et la plus dure. Mais ce n’est pas une raison pour maintenant nous réveiller à 2h, puis à 6h du matin, petite fripouille de nous !
Ha ! Quand je t’ai entendue babiller cette nuit, j’ai cru qu’il était l’heure de me lever pour aller au travail.
Youpi ! ai-je pensé en mon for intérieur, voici la deuxième nuit complète de mon petit bébé, et je suis en pleine forme pour me rendre au bureau…
Mais quand j’ai constaté de visu qu’il était à peine 2h08 sur l’horloge lumineuse du radioréveil, mes paupières en sont tombées toutes seules, et ma forme olympique s’est envolée aussitôt. Les pieds lourds comme du plomb, je me suis extirpé du lit pour te sortir du tien, et te donner à ta maman qui était déjà debout pour chauffer ton biberon, petite Gabrielle.
Puis je me suis recouché, mais j’ai eu bien du mal à retrouver le sommeil, et finalement, tu as remis ça à 6h30, et comme je me lève d’ordinaire un quart d’heure plus tard, je me suis occupé de toi, petit bébé qui ne fait pas encore ses nuits !
En tous cas, tu n’as pas pleuré pour réclamer ton lolo, ce qui est très bien, petite fille de nous. Au moins, tu respectes le sommeil de ceux qui dorment. C’est un bon début, mon petit bébé adoré.
Ce que tu aimes par-dessus tout, petite Gabrielle, ce sont les étirements de jambes qui suivent tes biberons et précèdent le changement de couche, alors que tu es allongée sur ton matelas et que l’on s’apprête à retirer ton pyjama. Voilà tout ce que tu attends, petite championne. Avoir les jambes à l’air pour les étirer le plus possible, en poussant des grognements de satisfaction.
Que ça doit faire du bien, de s’étirer ainsi, quand on passe ses journées allongée ou assise dans son cosy, et qu’on ne peut dépenser toute l’énergie qu’on a en soi ! Comme je te comprends, petite Gabrielle. Et de voir ton air ravi, tes petits yeux pétillants et le grand sourire satisfait mais sérieux (car tu t’appliques toujours quand tu fais tes exercices) je me dis que tu dois vraiment aimer ça.
Alors, pour te faire plaisir, je te retire ta couche pleine, je nettoie tes petites fesses et le reste, et je te laisse quelques minutes le tout à l’air libre, pour que tu en profites un maximum, en espérant bien sûr que tu n’éprouveras pas le besoin de soulager une petite envie pendant ce temps, ou encore l’envie de soulager un petit besoin, c’est selon, parce que sinon je suis bon pour remettre une serviette propre sur ton matelas, et je me fais gronder par ta maman, parce que, je cite :
La machine à laver n’arrive plus à suivre, et moi non plus !
Mais que veux-tu que j’y fasse, petite beauté de nous, il faut bien que tu pratiques ton sport avec assiduité, sinon ta santé risquerait d’en pâtir, ma jolie petite fille. Ils l’ont bien dit à la télévision, il faut manger cinq fruits et légumes par jour et pratiquer une activité physique régulière pour garder la forme. Et toi tu es tellement belle et tellement éveillée, ma petite fille, que je ne vais pas t’empêcher de te dépenser lorsque tu en ressens le besoin.
Et tant pis pour les serviettes qui s’empilent dans le bac à linge. Pour me faire pardonner, je ferai un gros bisou à ta maman, et je m’occuperai personnellement du repassage des serviettes incriminées. Je ne peux faire moins, tout de même !
Encore un grand mystère de l’administration, petite Gabrielle. Ta maman, que je viens d’appeler au téléphone, m’annonce que nous avons reçu une lettre de la mairie, qui nous informe que suite à une erreur (mais laquelle ?) dans l’élaboration de ton acte officiel de naissance, celui-ci est invalidé et qu’en conséquence ladite mairie ne peut nous délivrer notre Livret de Famille que nous attendons avec impatience depuis deux mois maintenant.
D’autant que nous en avons besoin de toute urgence la semaine prochaine, c’est ballot tout de même. Ça n’arrive qu’à nous, ce genre de carabistouilles.
Pour l’instant, ton affaire va passer au Tribunal de Grande Instance de la ville de Caen, rien que ça, afin de statuer sur ton cas et prendre les décisions qui s’imposent.
Je me demande de quoi il peut bien s’agir, parce que bien évidemment la lettre ne précise pas quel est le problème, petite Gabrielle. J’espère, comme me l’a dit ta maman, qu’ils ne t’ont pas enregistrée comme un petit garçon, ou qu’ils t’ont donné la nationalité américaine, ou encore que tu as déjà 28 ans et que tu es poursuivie pour un rappel d’impôts que tu aurais oublié de payer…
Peut-être même que tu n’existes pas officiellement, et que nous allons devoir démontrer par a+b, preuves à l’appui, que tu es belle et bien réelle et vivante.
Tu rigoles, petite fille de nous, mais tu sais, des fois, ces choses-là arrivent. Affaire à suivre, donc…
Gabrielle et sa maman, qu'y a-t-il de plus beau à regarder?
Hourra !
Tu as fait une nuit complète, ma petite Gabrielle ! Ta première nuit complète. Notre première nuit complète… C’était la nuit de vendredi à samedi dernier, où tu t’es endormie vers 22h et tu as réclamé ton biberon à 6h le lendemain matin. Merveilleux !
Ta maman et moi avons pu dormir toute une nuit, surtout ta maman, à qui ce n’était pas arrivé depuis, et bien… depuis le jour de ta naissance, petit bébé de nous, c’est-à-dire le 15 février dernier, ce qui commence à faire un petit peu tout de même.
Quel bonheur ce fut pour ta maman de pouvoir dormir tout son content, sans avoir à se relever en pleine nuit pour s’occuper de toi, ma belle enfant. Parce que moi, il m’arrive aussi de me lever pour aider un peu, mais comme je travaille je suis le plus souvent dispensé des tâches Gabrielliennes de nuit, même s’il est vrai que j’étais en congés la semaine dernière.
En congés, certes, mais pas en vacances, je le reprécise bien, juste au cas où…
Ha ! Quel beau samedi nous avons passé, ta maman et moi ! Nous avons chanté et dansé toute la journée, en croyant que cette fois, ça y était, c’était la bonne. A nous les bonnes et longues nuits de sommeil, finies les journées de travail dépensées à lutter contre la fatigue, devant l’écran de l’ordinateur qui brûle les yeux et fait mal à la tête, finies les siestes récupératrices forcées pendant que le soleil brille haut dans le ciel, et à nous la belle vie qui reprend, qui renaît en nous !... Finie la vie de zombie !
Sauf que depuis, tu as repris ton rythme du biberon nocturne, ma petite Gabrielle, et qu’à nouveau nous nous relevons à 3h où 4h du matin pour remplir ton petit estomac qui réclame et changer ta couche qui déborde.
Nous y avons cru, mais non. Ce n’était qu’un feu de paille, un espoir vite évanoui, aussi vite évanoui qu’il était apparu.
Tant pis, ce n’est que partie remise, petite fille de nous. Ce sera pour une autre fois. Mais ce que nous retenons de tout ceci, c’est que tu as réussi à faire au moins une nuit complète, Gabrielle, et après tout, c’est la première fois qui compte, non ?
Nous n’avons jamais été aussi près du but, en tous cas. Courage, papa, courage, maman, le meilleur est devant nous !
Nous avons remarqué quelque chose d’assez amusant, petite Gabrielle. Quelque chose d’amusant et de très pratique aussi :
Quand tu as faim et que tu réclames ton dû à corps et à cris, tandis que ton lait chauffe dans son biberon tu réclames, tandis que nous vissons la tétine sur ledit biberon tu réclames, tandis que nous nouons ton bavoir autour de ton petit cou tu réclames, tandis que nous nous installons bien confortablement dans notre fauteuil à biberon tu réclames, tandis que nous te calons avec précaution dans le creux de notre bras tu réclames, tandis que nous posons en douceur ta petite tête ronde sur l’oreiller prévu à cet effet tu réclames, tandis que tu cherches avec ta langue désespérément la tétine pleine de bon lolo qui flotte devant tes yeux tu réclames, et qu’enfin tu embouches ton appendice de silicone et que tu commences à boire comme un petit glouton tout mignon, tes yeux, tes beaux yeux gris-bleu qui virent lentement mais sûrement à la couleur noisette, tes yeux sont grand ouverts et fixent un point imaginaire, quelque part entre le vide au-dessus de ta tête et le plafond.
Puis, au fur et à mesure que le biberon se vide dans ton petit bedon, on voit tes paupières se fermer au rythme de tes goulées, petite Gabrielle. Tes paupières fonctionnent un peu comme la jauge d’un réservoir qu’on remplit, et ça marche à chaque fois. Quand ton biberon est à moitié vide, tes paupières sont mi-closes, et quand tu as fini de manger, quand ton petit ventre est rassasié, tes paupières trop lourdes s’affaissent définitivement, et te voilà partie au doux pays de la digestion et du petit rototo à venir…
C’est amusant, mais surtout essentiel pour nous, ton papa et ta maman, car comme tu ne finis pas toujours tes biberons, comme ça au moins on sait quand tu es repue, petit amour de nous.
Panique à bord ! Hier en fin d’après-midi, alors que je prenais des photos de tes petites mains endormies pour ma collection personnelle, tu as laissé glisser ta sucette sur le côté de ta bouche, et elle est allée se loger dans un coin de ton cosy. Mais quand ta maman t’a donné ton bain, et qu’elle a voulu remettre ta sucette à sa place initiale, pour te faire patienter en attendant le biberon à venir, plus de sucette !
Aïe aïe aïe ! Comment allions-nous faire sans ta sucette, ma pauvre petite Gabrielle ? J’ai retourné ton cosy dans tous les sens, je l’ai démonté pièce par pièce, j’ai balayé la cuisine, la salle de bain et la chambre de fond en comble : plus de sucette.
Et toi qui commençais à réclamer…ta sucette, justement ! Vite, il fallait faire vite, la retrouver ou bien en trouver une autre de toute urgence ! Mais où sont-elles rangées, ces satanées sucettes !
Heureusement, avant que la situation devienne catastrophique, j’ai réussi à mettre la main dessus. Elle était sur le rebord de la fenêtre de la cuisine, à côté du téléphone.
Je n’ai jamais su comment elle était arrivée là, cette sacrée sucette qui a failli créer un incident diplomatique sans précédent entre toi et moi. Il faudra que je pense à demander à ta maman, sait-on jamais…
Quand je sifflote des airs qui me passent par la tête ou bien quand je fais claquer ma langue sur mon palais, ça te fascine parce que ce sont des choses nouvelles pour toi. Mais ce qui est le plus drôle, c’est que tu essaies de faire comme ton papa.
Pas de siffler, bien sûr, sinon j’aurais déjà fait fortune en te présentant dans l’émission de Patrick Sébastien, Le Plus Grand Cabaret Du Monde, mais de claquer ta langue sur ton palais. Et tu y arrives ! Enfin, tu y es parvenue deux ou trois fois déjà, ce qui est déjà très bien.
En tous cas, que je siffle ou que je claque de la langue, ça a le don de te faire sourire, et même de te faire rire. C’est dans ces moments-là que tu me fais tes plus beaux Areu ! Des Areu de mieux en mieux prononcés, de mieux en mieux maîtrisés. Tu progresses à la vitesse hallucinante de 30 jours par mois, ma petite Gabrielle !
En parlant de ça, petit amour de nous, dans deux jours nous fêterons tes deux mois. Deux mois déjà ! Comme le temps passe !
Il va falloir que je songe à ton inscription à l’université, petite Gabrielle…
Tant que nous y sommes, puisque tu fêtes ton deuxième moisiversaire bientôt, et bien aujourd’hui, ta maman t’a habillée pour la première fois avec un body et un pyjama de trois mois. Tu grandis si bien que tes premiers vêtements deviennent vraiment trop petits.
Et pour tout te dire, petite fille chérie, ta maman a même retrouvé un pyjama naissance qui était caché tout au fond de ta commode, ce qui signifie que tu ne l’a jamais porté, et que tu ne le porteras jamais, ma pauvre enfant, parce que maintenant il est trop tard. Tu es trop grande !
Mais ne t’en fais pas, ma petite Gabrielle, comme tu vas bientôt avoir deux mois, papa va bien te faire un petit cadeau…
Le soleil est décidément au rendez-vous, et nous en profitons au maximum, petite Gabrielle. D’autant que tu adores les balades en poussette, car elles ont le don de t’endormir dès le premier tour de roue, ce qui te permet de faire ta sieste de l’après-midi, sans quoi tu as tout de même un peu de mal à dormir la journée.
Mais cela ne fait rien, car tu dors très bien la nuit, et entre nous soit dit, ça nous arrange drôlement, ta maman et moi. Ceci dit, qu’il est agréable de se promener dans les rues du village sous un beau et grand soleil, avec un vent quasi nul, et de dire bonjour aux gens qu’on croise, de voir les vaches et les chevaux qui broutent l’herbe avec indolence dans leurs prés, se réchauffant le poil et quêtant les caresses des passants.
Bref, nous profitons du beau temps et de mes congés pour te faire prendre l’air chaque fois qu’il nous est possible de le faire. Tu prends des couleurs comme ça, et tu grandis encore plus vite, petite fille de nous.
Nous avons profité de notre promenade de ce jour pour passer à la pharmacie, afin de te faire peser, petite Gabrielle. Verdict : 4,450 kilo, ma petite fille. C’est super. Je me disais aussi que tu devenais un peu lourde ces derniers jours. C’est de plus en plus difficile de te porter sur un seul bras pendant qu’on vaque à d’autres occupations. Mais c’est tant mieux, petite Gabrielle. Tu pousses et tu prends du poids, et c’est tout ce qui compte.
Ma marraine, Marie-Claire, et mon oncle Patrice, qui habitent dans l’Ain, à qui nous avions envoyé un faire-part pour annoncer ta naissance, petite Gabrielle, t’ont envoyé en retour un petit cadeau. Nous avons l’habitude, ces dernières semaines, de recevoir des colis avec dedans plein de jolies petites choses pour toi, petite fille de nous, mais là nous avons été très surpris de la teneur du colis, qui semblait volumineux, mais qui ne contenait en vérité qu’une toute petite boite. Mais quelle boite, petite Gabrielle !
En effet, ma tante Marie-Claire, qui est la petite sœur de mon papa à moi, soit ton papi de Moselle t’offre en cadeau de bienvenue en ce monde un petit médaillon qui représente une tête de petite chatte, rose et blanche, une mignonne petite Kittie avec sa petite chaîne en or, et vraiment nous ne nous attendions pas du tout à cela, chère petite fille.
Nous avons été très touchés par cette délicate attention, ta maman et moi, car jamais nous aurions pensé qu’on pourrait t’offrir un bijou, Gabrielle. La preuve que non. Comme le dit ma marraine, comme tu es une petite fille, tu dois certainement aimer les bijoux. En tous cas, celui-ci est adorable comme tout, et tu le porteras très bientôt, et nous te prendrons en photo, que nous enverrons à tonton Patrice et à tante Marie-Claire, pour qu’ils voient comme tu es belle avec ta petite médaille autour du cou.
Quoiqu’il en soit nous les remercions beaucoup en ton nom, petite Gabrielle, et nous leur souhaitons d’être heureux, ainsi que leurs enfants, qui sont mes cousins, Stéphane, Johanna et Frédéric que je salue de loin à travers ces lignes, et leurs six petits enfants.
Grosse frayeur hier soir, petite Gabrielle ! Après ton bain et ton biberon du soir, tu t’es couchée, comme d’habitude, et tu dormais tranquillement, en tous cas tu étais bien sage, quand tout à coup tu as commencé à pleurer, comme tu le fais souvent le soir, ces derniers temps, quand tu veux nous faire comprendre que tu préfèrerais être avec nous plutôt que seule dans ton lit.
Mais comme à chaque fois que j’estime qu’il est l’heure pour toi d’aller au dodo, je suis intraitable et tu finis par t’endormir dans ton lit, même si on doit supporter tes cris pendant quelque temps.
Seulement hier soir, tes cris et tes pleurs semblèrent plus forts et plus aigus qu’à l’accoutumée, et par dépit nous sommes allés te rechercher car nous pensions que tu avais peut-être encore un petit creux. Nous t’avons donné un complément de lait, que tu as bu tout en continuant de pleurer, ce que tu ne fais jamais, petite Gabrielle.
Là, nous nous sommes dit, ta maman et moi, que tu pouvais avoir un problème. Il s’avère en effet que tu avais l’air d’avoir très mal au ventre, pauvre petite fille de nous, et que nous n’arrivions pas à te calmer. Nous avons décidé alors d’appeler le médecin de garde, qui ne savait pas nous dire de quoi tu pouvais bien souffrir, après que je lui ai décrit tes symptômes, mais qu’ils allaient nous envoyer un docteur à domicile, et que comme tu es une petite demoiselle âgée de deux mois à peine, tu étais une priorité, et donc nous n’avions qu’une heure et demie à attendre avant que le médecin arrive.
Comme tu continuais de pleurer, ma pauvre enfant, et que rien ne semblait te soulager, ta maman t’a portée sur le ventre en te massant les intestins, ce qui semblait faire de l’effet. Mais dès qu’on te remettait sur le dos, tu recommençais à hurler.
Nous avons rappelé SOS médecin pour qu’ils nous donnent au moins un conseil pour te soulager en attendant que le docteur vienne, mais ils ne nous ont rien dit, excepté que si tu continuais à pleurer de la sorte, nous devrions te conduire en urgence à l’hôpital pour te faire une radio de l’estomac, et d’autres examens tout aussi barbares, ce qui nous a laissés bien perplexes, ta maman et moi.
Une radio de l’estomac ?!
Mais de quoi donc pouvais-tu bien souffrir, ma pauvre petite Gabrielle ?
Alors, quand la médecine traditionnelle est impuissante face à des cas aussi complexes que le tien, quand plus personne ne peut plus venir à notre secours, quand plus personne ne peut nous dire de quoi tu souffres ni comment soulager tes douleurs, quand tous les standards téléphoniques que nous harcelons n’osent prendre parti dans l’affaire, il ne reste qu’une seule solution :
Tata Myriam ! Tata Myriam et ses quatre enfants, qui ont tout eu et ont tout connu !
Malgré l’heure tardive, parce que bien évidemment ce genre de crise n’arrive que le soir, quand tout est fermé, je décidai d’empoigner mon téléphone et d’appeler ma sœur, et après lui avoir exposé les faits, elle diagnostiqua tout de go une grosse colique du nourrisson.
Elle m’en a décrit tous les symptômes, que je confirmais au fur et à mesure qu’elle les énonçait, et me donna quelques conseils pour faire passer cette crise de colique, qui était très sévère, comme de te masser le ventre, ce qu’avait fait ta maman, ou bien de te poser une petite bouillote sur le ventre, ce qui pouvait te soulager en attendant l’arrivée du docteur.
Enfin, le docteur est arrivé, et en deux secondes il a confirmé le diagnostic de tata Myriam. Tu souffrais hier soir d’une grosse colique du nourrisson.
Alors maintenant je vais t’expliquer pourquoi nous n’avions pas pensé à ça, nous tes parents : tout simplement parce qu’à la maternité on nous avait dit que les coliques survenaient dans les toutes premières semaines de ton existence et qu’elles duraient en moyenne une dizaine de jours. Donc, pour nous, le problème des coliques était loin derrière nous…
Mais que nenni ! Le docteur, tout comme tata Myriam, nous a dit que les coliques du nourrisson pouvaient survenir jusqu’à l’âge de trois mois, à notre grande surprise. C’était un énorme malentendu sur l’information générale des coliques.
Ceci dit, le docteur n’a pas fait grand-chose, parce qu’il n’y a pas grand-chose à faire contre ces maudites coliques, ma pauvre petite Gabrielle, sinon masser ton petit ventre pour te soulager et prendre notre mal en patience. Mais ce bon docteur, qui était fort sympathique au demeurant, t’a tout de même prescrit un médicament pour soulager tes douleurs et faciliter le travail de tes petits intestins. Il ne sera pas venu tout à fait pour rien.
Tu t’es endormie tout de suite après la visite du docteur, et tu as dormi profondément jusqu’à 5h00 du matin, ce qui est formidable, ma belle Gabrielle, car c’est la plus longue nuit que tu aies faite jusqu’à présent…
A l’heure où j’écris ces lignes, tu sembles faire une nouvelle crise de colique, ma pauvre petite Gabrielle. Mais maintenant que nous savons de quoi tu souffres, nous sommes moins inquiets et nous savons comment te soulager. Moralité : cette crise est beaucoup moins impressionnante que celle de la veille. Tu as pleuré un peu moins longtemps et beaucoup moins fort qu’hier soir. Et surtout, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour soulager ta douleur. Et là, ton si joli sourire est revenu sur ta petite figure adorable. C’est la vie, petite Gabrielle, et elle n’est, hélas, pas toujours aussi agréable qu’on voudrait qu’elle soit pour toi, notre belle enfant.
Mais ce n’est pas la dernière fois que nous aurons à faire face à l’adversité, gentille petite fille de nous. Autant nous faire à cette idée. C’est comme ça. C’est la vie. Ce n’est pas tous les jours facile. Ce désagrément te rendra plus forte, petite Gabrielle.
C’est tout ce que nous te souhaitons, petit amour de nous.

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