Jeudi 27 août 2009

  Bonjour à toi petit bébé,

 

  Comment te portes-tu aujourd’hui ? Bien, j’espère. En tous cas, ta maman fait tout ce qui est en son pouvoir pour que tu te sentes le mieux possible. Et je l’en remercie en ton nom, puisque tu ne peux encore le faire toi-même.

  Mais chaque chose en son temps, tu l’auras bien assez plus tard pour lui dire tout ce que tu auras pour elle dans ton petit cœur.

  Il est bien dommage, en revanche, que tu ne puisses te souvenir de ta vie à l’intérieur du ventre de ta maman. Du moins je le suppose, étant entendu qu’à ma connaissance, personne n’a pu encore le faire, une fois dehors. J’aimerais tant qu’une fois avec nous, tu puisses nous raconter dans le détail comment se déroulent tes journées.

  Que fais-tu de ton temps, dans le ventre maternel, pendant que ton petit être se développe ? A quoi songes-tu ? A quoi penses-tu ? A quoi rêves-tu ? As-tu déjà conscience de ce que tu es ? De qui tu es ?

  Ressens-tu déjà des émotions ? Des sentiments ? As-tu des envies ? Connais-tu la faim, la soif, la peur, la joie, la tristesse, le rire, ou que sais-je encore ?

  Peut-être bien que oui, après tout pourquoi pas ? Oh, bien sûr, je pourrais effectuer quelques recherches, dans les livres ou sur Internet, mais peu importent les réponses que j’y trouverais, elles détruiraient à coup sûr le rêve qui est en moi, et qui me relie à toi aussi sûrement que notre lien de chair et de sang.

  Hier soir, ta maman m’a dit, alors que tu entames ton quatrième mois, que tu commences à te nourrir de liquide amniotique, et que tu es capable de fermer tes mains, de bouger tes doigts ! C’est extraordinaire, quand j’y pense, la rapidité avec laquelle tu te développes, non ?

  Et bientôt, nous allons pouvoir te sentir bouger, guetter avec gourmandise les petites bosses qui apparaitront furtivement sur le nombril de ta maman ! Nous t’avons déjà vu bouger, joli petit bébé, mais pas encore senti. Tu es encore trop petit pour ça, mais je sens que ça va venir vite, très vite…en tous cas, je suis impatient…

  Voilà, c’est un petit mot que je t’écris aujourd’hui, comme tu peux le constater. Rassure-toi, j’ai encore plein de belles histoires en réserve pour toi, mais nous avons tout le temps devant nous pour nous y intéresser. Je voulais juste te passer un petit bonjour, par ces quelques lignes, et te dire que nous pensons tous à toi, et que plein de gens dans mon entourage me demandent régulièrement de vos nouvelles, à ta maman et à toi.

  Ha oui, avant de te quitter et avant d’oublier, souhaitons un joyeux anniversaire à ton cousin Thomas, et à mon meilleur ami Stéphane, que tu ne connais pas encore, ma jolie petite fille, mais que tu ne tarderas pas à connaître.

  Ne le dis surtout pas à ta maman, mais Stéphane et moi nous connaissons depuis près de trente ans, et nous avons fait les 400 coups ensemble. Alors si je dois te raconter tout ça un jour, les cheveux de ta maman vont se dresser sur sa tête, tu peux me croire !

  Alors si jamais je te parle de Stéphane et de notre longue amitié, promets-moi que ce sera notre petit secret, et que rien de ce que je pourrais te révéler ne sortira de notre petite intimité, mon doux bébé…en tous cas, bon anniversaire, Stéphane et Thomas !

  Allez, mon joli petit bébé, je te laisse te reposer et grandir en paix, pense à bien bouger tes membres dès que tu le peux, car l’exercice est bon pour la santé…

  PS : si je continue de t’appeler « mon joli petit bébé », c’est que nous ne t’avons pas encore trouvé un prénom, le prénom que tu porteras et qui te définiras tout entière, ma jolie petite fille. Nous avons quelques pistes, c’est vrai, mais rien de vraiment arrêté encore.

  Alors, si tu as une idée, ou une envie particulière, n’hésite pas à nous le faire savoir, et nous étudierons ta proposition avec sérieux et minutie. La question est d’importance, il ne faut pas prendre ce genre de chose à la légère…

  Je t’embrasse fort en attendant, mon beau bébé, et je pense à toi comme ta maman pense à toi.

  A bientôt.

  Bises.

Par Kitouf - Publié dans : Journal d'une vie nouvelle
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Mercredi 26 août 2009

  Mon cher bébé,

 

  J’espère que tu vas bien et que tu as profité de ton temps de repos pour bien te fortifier, et surtout pour songer un peu à l’histoire que j’ai commencé à te raconter hier, celle de ma rencontre avec ta maman.

  Alors, si tu le souhaites, je vais te dire la suite aujourd’hui. La suite, mais pas la fin, car j’ose croire que celle-ci n’en aura pas. En tous cas, je l’espère de tout mon cœur, surtout si tu dois en être une part importante, un chapitre essentiel, ma belle petite chérie…

  Enfin, ne mettons pas la charrue avant les bœufs, comme on dit, et contentons-nous de poursuivre depuis l’endroit où nous nous sommes arrêtés hier…

  Donc, suite à notre premier déjeuner, je me sentais mal dans mes chaussettes, car comme tu l’auras compris, je ne correspondais en rien à l’idéal masculin de ta maman, du moins tel qu’elle me l’avait clairement stipulé alors. Néanmoins, malgré mes disgrâces multiples, ou peut-être grâce à elles, nous avons continué à déjeuner ensemble durant nos journées de travail, de temps en temps, puis un peu plus souvent, puis enfin tous les jours, comme ça, de la façon la plus naturelle du monde.

  Nous avons ainsi pris le temps de nous connaître, de nous apprécier mutuellement, et de passer ensemble quelques bons moments, car en sus des pauses déjeuner, il nous arrivait de nous promener un peu, de faire les boutiques ensemble, de donner notre avis sur les choix de l’autre, etc.…bref, nous devenions un peu plus proche chaque jour, jusqu’à ce fameux jour où…

  Ce fameux jour, un vendredi après-midi il me semble, le week-end approchait, que j’allais souhaiter à ta maman avant de rentrer chez moi, et là, dans la conversation, je ne sais pourquoi, nous glissons une anecdote sur Michel Polnareff, qui devait venir chanter quelques semaines plus tard dans notre ville, lors de la tournée de son triomphal retour. Polnareff n’avait pas donné le moindre concert en France depuis 35 ans, et je voulais absolument le voir.

  Seulement dans mon esprit, tous les billets étaient vendus. De son côté, ta maman rêvait d’aller l’écouter aussi, mais ne trouvait personne pour l’y accompagner. Un coup d’œil sur Internet nous apprit qu’il restait, ô miracle !, encore des places, et nous décidâmes, ta maman et moi, d’aller au concert ensemble.

  Et c’est ainsi, grâce à Michel Polnareff, que je salue vivement à travers ces quelques lignes, que ta maman et moi sommes devenus des amis en plus d’être des collègues de travail. La perspective de cette sortie nous a amenés à nous voir en dehors des heures de bureau, de plus en plus souvent, et de manière plus intime, c’est-à-dire qu’on se rendait visite l’un chez l’autre, que l’on se présentait aux amis et à la famille, toujours en amis bien sûr, mais tout de même les choses se mettaient en place, lentement mais sûrement.

  Du moins c’est ce que je croyais.

  Car nous étions et devions rester avant tout de « bons amis », et rien de plus. C’est ce que ta maman m’a dit un soir au téléphone, lors d’une conversation qui dura plusieurs heures. Alors que moi je savais que ta maman était la femme de ma vie. Comment je le savais ? Une voix intérieure qui me l’a dit, tout simplement. La voix de qui, je ne saurais te l’affirmer avec certitude, mon beau petit bébé, mais peut-être bien était-ce la tienne, qui sait ?

  Alors nous avons continué à nous voir en « bons amis », multipliant les sorties, les soirées et les rendez-vous, et ce durant plusieurs mois, de longs mois, de très longs mois, d’interminables mois pendant lesquels je me rongeais les sangs, ne mangeant presque plus, dormant quelques minutes par nuit à peine, imaginant les pires scénarii…et si ta maman rencontrait quelqu’un d’autre, pendant que nous nous contentions d’être de « bon amis » ? Un abruti de première classe qui prendrait ma place et qui ne le mériterait pas comme moi je l’aurais mérité ?

  Je peux t’affirmer, mon doux bébé, que j’ai vécu de bien drôles de moments, grâce à la ténacité de ta maman, qui ne voulait pas entendre parler de moi autrement qu’en « ami ».

  J’ai arrêté de fumer, je me suis remis au sport pour perdre le superflu et le reste aussi, je me suis remis d’équerre du mieux que je pouvais pour la faire changer d’avis, mais rien n’y faisait, car ta maman, qui avait décidé de vivre seule et de profiter à fond de sa vie (ce que je pouvais comprendre mais dans un monde parallèle si elle voulait), m’a dit un jour que si elle devait se remettre avec quelqu’un, ce serait avec quelqu’un comme moi, mais pas moi…Comment voulais-tu que je prenne la chose, autrement qu’en devenant fou ?!! Quelqu’un comme moi, mais pas moi…j’ai cru mourir.

  Mais heureusement, les choses se sont bien terminées, puisqu’aujourd’hui, nous sommes là tous les deux pour en parler, preuve que tout s’est arrangé pour le mieux. Et ce mieux, si tu le veux bien, je te le raconterai la prochaine fois que nous nous verrons, car c’est une longue histoire que je m’apprête à te raconter, et je n’en suis qu’aux prémices, et je ne peux tout te dire en un jour.

  Pour te garder un peu plus longtemps, je peux étirer mon histoire indéfiniment, ce sera nos « Mille et une nuits » à nous, si tu veux, mon joli petit bébé. Es-tu empressé de connaître la suite ? Dans ce cas, laisse-moi te dire que la patience est la plus grande des vertus, et l’attente le plus beau des plaisirs…

  En attendant demain, je te souhaite plein de belles choses, mon beau petit bébé. Ta maman, qui a fini par dire « oui », et moi t’embrassons bien fort et pensons fort à toi.

  A très vite.

  Ton papa.

Par Kitouf - Publié dans : Journal d'une vie nouvelle
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Mardi 25 août 2009

  Bonjour petit bébé,

 

  Comment te sens-tu aujourd’hui ? Bien j’espère…tout comme moi ma foi, les choses se déroulent tranquillement, alors ne nous en faisons pas plus que de raison et profitons de l’instant pour discuter un brin entre nous, veux-tu ?

  Merci.

  Avant toute chose, tu dois savoir qu’aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma petite sœur Myriam, qui fête allègrement ses 32 printemps, petite gamine soit-elle.

  A ma chère sœur, qui est aussi ta tante, nous lui souhaitons tous un joyeux anniversaire et plein de bonnes choses en famille, avec son mari Arnaud (ton oncle) et leurs quatre enfants Marie, Guillaume, Thomas et Antoine (tes cousins), qui comme nous ton papa, ton frère et ta maman, sont impatients de faire ta connaissance.

  Seulement, impatience ou pas, tu ne seras pas parmi nous avant la date prévue, à plus ou moins quelques heures de battement, soit pendant la deuxième quinzaine de février 2010, comme je te l’ai déjà dit il y a quelques jours de cela. Alors rongeons notre frein en chœur et passons le temps comme nous pouvons en attendant ce jour merveilleux.

  Je te parlerai de tes cousins et cousines une autre fois si tu le veux bien, car pour l’heure, comme je te l’ai promis, je vais te raconter, succinctement, comment ta maman et moi nous sommes rencontrés…

  Comme tu le sais déjà, ta maman et moi travaillons pour la même entreprise, mais ce ne fut pas toujours le cas. Quand nous nous sommes vus pour la première fois, ta maman venait travailler pour une entreprise qui occupait une partie de nos locaux, ce qui fait qu’on travaillait chacun pour une société différente, mais au même endroit.

  Donc, nous nous croisions tous les jours, au moins une fois le matin pour nous dire bonjour, mais sans plus, même si de mon côté, et de l’aveu même de ta maman, elle avait déjà remarqué que je n’étais pas totalement indifférent à son charme.

  D’autant que, il faut que tu le saches, quand ta maman est arrivée parmi nous, elle avait les cheveux coupés très court et d’une couleur rouge pas possible, et ça, ça me faisait craquer comme c’est pas permis, alors, il ne m’a pas fallu longtemps pour ranger la belle photographie de ta maman dans un coin de ma tête, en attendant que les choses se déroulent comme elles se sont déroulées. Bref, en attendant des jours meilleurs…

  Seulement, ce n’était pas joué d’avance, loin de là, très loin de là, même. En effet, ta maman vivait avec quelqu’un en ce temps-là, et moi, et bien moi, j’étais marié de mon côté, et donc, rien ne pouvait arriver entre nous, ce qui se passa pendant quelques mois.

  Et puis, par le plus grand des hasards, que personnellement je préfèrerais appeler le Destin, il se trouve que ta maman s’est séparée de son compagnon d’alors au moment même où mon épouse demandait le divorce, que j’acceptais sans discuter et sans heurts, ma foi, car il faut savoir reconnaître quand les choses se finissent, et ne pas chercher à les envenimer pour, je ne sais pas moi, se donner l’illusion qu’il se passe des trucs de grande importance dans notre vie. Je dis ça parce qu’entre nous, hormis quelques meubles, une chienne Labrador adorable et une chatte à moitié cinglée, il n’y avait pas grand-chose à se batailler. En tous cas pas d’enfants, donc les choses ont été plus faciles ainsi, c’est vrai.

  Bref, tout ça pour dire que ta maman et moi nous sommes retrouvés célibataires presque en même temps, et ce sans le savoir ! Jusqu’au jour où nous avons décidé d’aller déjeuner ensemble, entre collègues, comme ça par inadvertance et sans arrière pensée. D’ailleurs, lors de ce premier déjeuner, ta maman m’a clairement signifié deux choses sur lesquelles elle ne reviendrait pas, quoiqu’il advienne :

-Jamais elle ne fréquenterait un collègue de travail.

-Jamais elle ne fréquenterait un homme deux fois plus lourd et plus large qu’elle.

  Il faut bien avouer, mon beau petit bébé, que si aujourd’hui j’arrive plus ou moins à me stabiliser à un poids que je qualifierai d’acceptable (85kg pour 1 mètre 80), ce ne fut pas toujours le cas, et au moment des faits susnommés, j’avoisinais plutôt le quintal en bonne et due forme et j’étais loin de posséder la svelte silhouette d’une star de cinéma…

  De plus, ajoutons à cela, et là je me mets à nu devant toi, de l’alcool et du tabac, (tout ce qui plait à ta maman) et j’étais déjà certain que les choses entre elle et moi allaient s’arrêter aussi promptement qu’elles avaient commencé. J’étais bien mal barré, comme on dit…

  Mais voici l’heure de reprendre le travail, mon bel enfant. Je dois maintenant te quitter, hélas…J’aimerais tant rester avec toi pour bavarder encore un peu, et te raconter la fin de cette jolie histoire, dont tu es à ce jour, mon joli petit bébé, ma jolie petite fille, le plus bel et le plus émouvant épilogue…

  Mais je te dirai la suite demain, si tu veux bien. En attendant, je te demande de bien te reposer, de continuer à bien grandir dans le ventre de ta maman, et d’essayer, dans la mesure du possible, de ne pas trop la fatiguer, tu seras bien gentille.

  Alors je te dis à demain, mon doux bébé. Prends bien soin de toi et de ta maman qui t’aime autant que moi, et pense aussi fort à nous que nous pensons à toi.

  Je t’embrasse.

  Ton papa.

Par Kitouf - Publié dans : Journal d'une vie nouvelle
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Lundi 24 août 2009

  Bonjour petit bébé,

 

  Voilà quelques jours que je n’ai pris le temps de t’écrire, et ce pour plusieurs raisons, dont certaines te concernent directement.

  Tout d’abord, j’espère que tu vas bien, que tu ne manques de rien et que tu es toujours bien au chaud là où tu te trouves. J’espère également que tu penses à nous aussi souvent et aussi fort que nous pensons à toi…

  Alors, la première raison pour laquelle je ne suis pas venu te rendre visite plus tôt est que, comme tu dois sans doute le savoir, je prépare avec mes amis de « Courir à Thury » le marathon de Vannes que nous allons faire d’ici deux mois, le 18 octobre plus précisément. Mais je te rassure tout de suite, pour ma part je ne courrai pas les fatidiques 42.195 kilomètres, mais seulement la moitié de cette distance, car je participe à la course en duo, avec Marc, un camarade de l’association. Je vais attendre encore une bonne année avant de m’attaquer à un vrai marathon, attendre que tu sois là pour venir m’encourager, car j’en aurai bien besoin je crois…

  Mais courir une vingtaine de kilomètres demande tout de même un certain entraînement, et comme avec mon coach nous courons essentiellement en forêt et par tous les chemins de traverse que nous croisons, je n’ai pas manqué, lors de notre dernière sortie, de buter sur une racine proéminente et sournoise et de m’étaler de tout mon long dans les cailloux et dans la poussière.

  Bilan de l’expédition : des éraflures multiples aux deux bras et la main gauche immobilisée, ce qui m’empêche de taper convenablement sur mon clavier. J’ai donc dû attendre d’aller un peu mieux (et là c’est le cas mais je ne crie pas trop victoire…) pour pouvoir t’écrire à nouveau…

  Que veux-tu, mon joli petit bébé, même la course à pied est un sport dangereux, surtout quand on ne regarde pas où l’on pose le pied, ce qui fut mon cas. Je tâcherai de faire plus attention la prochaine fois, d’autant que mon handicap passager nous cause aussi quelques soucis à la maison, puisque ta maman, qui te donne tout ce qu’elle peut pour que tu puisses te développer au mieux là où tu es, s’en trouve bien fatiguée ces jours derniers.

  Alors pour qu’elle se repose le plus possible pour votre bien-être à tous les deux, nous nous devons, ton frère et moi, de palier à tous ces petits désagréments pour assurer le quotidien de la maison, d’autant que ta maman doit éviter de faire de gros efforts, comme de porter des choses lourdes ou s’atteler à des tâches qui demandent beaucoup d’énergie physique.

  Mais comment faire pour aider ta maman de mon mieux si je ne suis plus capable moi-même de porter des choses lourdes, de passer l’aspirateur, de pendre le linge ou d’arroser les haricots dans le jardin ?

  Ha ! Je te jure, il n’y a pas plus gamin que ton sacré papa, qui ne trouve rien de mieux que de rentrer tout écorché à la maison, que ta pauvre maman a dû soigner de son mieux avec un produit qui pique, comme si j’étais un petit garçon de dix ans, ce que je suis encore parfois, et c’est tant mieux quand même quand on y pense cinq minutes ! Tu ne crois pas ?

  Du moins on se débrouille avec les moyens du bord, et c’est toujours dans le même but : préparer au mieux ton arrivée dans notre foyer, dans ton foyer…

  Une autre raison pour laquelle je n’ai pu t’écrire plus tôt, c’est que nous sommes allés faire une visite de contrôle chez le docteur pour nous assurer que tout allait bien pour toi. Comme ta maman ressentait des douleurs à ton endroit depuis quelques jours et pour ne pas nous inquiéter, voire nous angoisser d’avantage, nous n’avons pas voulu prendre le moindre risque et nous avons voulu vérifier par nous-mêmes que tout était en ordre, sans attendre la prochaine échographie. Et tel est heureusement le cas.

  Après une période délicate où tu nous as causé de belles frayeurs, il semblerait que tout soit revenu à la normale dans le cycle de ton évolution, que tout ce qui te protège et te nourrit soit revenu à sa place, et qu’il ne te reste plus qu’à grandir en toute quiétude dans le doux cocon maternel que nous avons aménagé tout exprès pour toi…

  Les trois premiers mois de la conception sont les plus délicats, et il peut arriver que de « petits incidents » émaillent le parcours tranquille de la croissance d’un bébé. Des choses peut-être banales et anodines pour des spécialistes qui en voient d’autres tous les jours, mais source de terreur (et je pèse mes mots) pour les futurs parents, surtout en ce qui me concerne puisque je te l’avoue, mon beau petit bébé, tu es mon premier enfant. Alors tu comprendras aisément que la moindre interrogation, le moindre doute, le plus infime détail te concernant nous transportent dans les plus vifs et effroyables tourments qui soient. Le manque d’expérience, sans doute…en tous cas pour moi.

  Une seule chose m’importe : que tu nous viennes aussi belle et aussi pleine de santé que possible, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour cela, ne t’inquiète surtout pas, ma jolie petite fille.

  Point positif de notre visite de contrôle chez le docteur : nous avons pu te voir une nouvelle fois. Du moins, le haut de ton petit crâne et ton petit cœur qui battait à tout rompre…En tous cas, tu avais l’air bien plus serein que nous, tes parents. Peut-être nous inquiétons-nous bien plus qu’on ne le devrait, mais est-on jamais trop inquiets dans ce genre de situation ? Je ne saurais dire. Attendre l’arrivée de son propre enfant change la perception de tellement de choses…

  Enfin, l’essentiel dans cette histoire, c’est que tout aille pour le mieux en ce qui nous concerne tous, et faisons fi des aléas qui nous empoisonnent la vie !

  Je ne dis pas ça pour toi, ne t’en fais pas, mon cher petit bébé, mais pour les à côtés de notre quotidien qu’il faut bien gérer et surmonter pour préparer de meilleurs lendemains.

  Voilà, mon poignet gauche se rétablit peu à peu, je suis plus apte à écrire et à finir cette page maintenant. Tu sais à peu près tout ce qu’il faut savoir sur les derniers évènements de notre petite vie toute simple, du moins ceux qui méritent d’être relatés. Un week-end mouvementé tout de même : deux grosses frayeurs qui se terminent bien, que demander de plus ?

  Il est temps pour moi de partir, mon doux petit bébé, et pour toi de bien profiter de ce temps libre pour prendre des forces et te développer encore un peu plus, jusqu’à notre prochaine entrevue, qui viendra très vite je l’espère.

  Prends bien soin de toi, ma jolie petite fille, ta maman et moi veillons sur toi. Tu n’as rien à craindre.

  A bientôt.

  Bises.

Par Kitouf - Publié dans : Journal d'une vie nouvelle
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Jeudi 20 août 2009

  Bonjour petit bébé,

  Deux jours déjà que je ne t’écris. Je reprends donc ma plume électronique avec un plaisir deux fois plus grand que l’attente l’a été elle aussi.

 Je suis désolé si je n’ai pas été disponible pour toi hier, mais j’ai dû m’absenter toute la journée pour des raisons professionnelles, et comme je n’avais pas de clavier sous la main…mais cela ne m’a pas empêché de penser très fort à toi, bien au contraire, mais je crois que ça, tu le sais déjà.

  Tout de même, cela fait un bien fou de le dire et le redire encore, ne serait-ce que pour le plaisir de penser ces mots avant de les coucher sur ma virtuelle feuille blanche, qui entre nous soit dit se remplit à une vitesse « folle » lorsque je m’adresse à toi. Excepté les sempiternelles fautes de frappes qui m’obligent à d’incessants retours en arrière et corrections de rigueur, je dirais que ta petite personne est pour moi une très belle source d’inspiration.

  Tout du moins si l’on n’y regarde pas de trop près quant à la qualité littéraire de ma prose. Je préfère te parler comme les mots me viennent plutôt que de chercher à travailler chaque mot, chaque phrase, chaque paragraphe…Toi et moi nous connaissons à peine, et je crois que le mieux pour que cela dure entre nous, c’est que nous soyons le plus naturels possible l’un envers l’autre, qu’en dis-tu ?

  Alors, tu ne sais pas encore quel est mon métier ? C’est vrai que je ne t’en ai pas encore parlé. Mais nous avons tant de choses à apprendre l’un de l’autre que lorsque j’y songe, je ne sais pas par quoi commencer ! Alors je me dis que le mieux, c’est de prendre les choses comme elles viennent, dans le désordre le plus total, et de les traiter à leur juste mesure au fil de leurs allers et venues au sein de nos entretiens si particuliers. Tu es d’accord avec moi ? Bien.

  Donc, mon métier. Et bien, je suis dessinateur dans le domaine de la construction métallique, et je touche aussi bien le bâtiment que les ouvrages d’art et les ouvrages maritimes et fluviaux.

  Et justement, hier je suis allé au Mont Saint-Michel, car on y a engagé d’énormes travaux qui se nomment officiellement le « Rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel », ce qui signifie en gros que le Mont, qui était une île en son temps, à tendance depuis de longues années à se solidariser avec le continent, à cause de l’apport continu de sable et d’alluvions amené par les puissantes marées du site.

  Et bien, nous, nous avons conçu, construit et monté un barrage sensé inverser ce phénomène naturel afin de redonner au Mont Saint-Michel sont statut d’île. Et comme le Mont Saint-Michel est un haut lieu historique et touristique non seulement français mais aussi mondial, ce fut un honneur pour moi de participer à l’élaboration d’un tel ouvrage…D’autant que personnellement j’étais chargé de la partie non pas technique de l’affaire, mais plutôt esthétique et architecturale de l’ensemble.

  Donc tu comprendras si j’étais curieux et impatient de voir le résultat concret de mes nombreuses heures d’études passées ici, dans ce bureau. Et je dois dire que je n’ai pas été déçu du voyage, car d’une manière générale, tout le monde a bien travaillé. On a suivi mes instructions, et les choses se sont déroulées du mieux possible.

  Mais je parle, je parle, je parle. Quand tu seras en âge d’apprécier ce genre de choses, nous ne manquerons pas de t’emmener au Mont afin que tu voies de tes propres yeux le travail de ton papa. Pour l’instant, je te laisse imaginer…

  Sinon, hier soir, ta maman a eu sa première envie officielle ! Sa première envie de femme enceinte ! Et certainement grâce à toi, mon joli petit bébé. Heureusement, nous avons pu contenter cette furieuse envie très vite, sans avoir à sortir du lit, nous rhabiller (surtout moi) et courir la ville pour trouver coûte que coûte l’objet de tous les désirs maternels : nous avions ce qu’il fallait à la maison…

  Tu me demandes ce que c’est ? Mais je crois bien que si il est une personne à qui cette information n’a pas échappé, c’est bien toi, n’est-ce pas, ma chère petite fille ? Car c’est bien toi qui, d’une manière ou d’une autre, a réclamé tant et tant que nous n’avions pas eu le choix que d’obéir à tes ordres ! Mais nous ne t’en voulons pas, car comme je te l’ai dit plus haut, notre cellier était bien pourvu, et je te remercie vivement d’avoir seulement exigé deux BN à la fraise, car il en restait un paquet dans la cuisine…

  Tant que tu auras besoin de quoi que ce soit, n’hésite surtout pas, mon joli petit bébé, nous nous efforcerons, dans la mesure du possible, et selon l’heure à laquelle la demande sera formulée (ça c’est un message pour ta maman), de satisfaire tes petites envies ponctuelles…

  Oui ? Tu me demandes le métier de ta maman ? Et bien, sache que ta jolie maman travaille dans la même entreprise que moi, au service « achat ». Et oui, comme tu l’as déjà deviné, c’est sur notre lieu de travail que nous nous sommes rencontrés, ta maman et moi…

  Mais ça, c’est une autre histoire, et je te la raconterai un jour prochain. Pour l’heure, il vous faut bien vous reposer, ta maman et toi, car vous en avez grandement besoin.

  Je te souhaite plein de belles choses, mon petit bébé, nous pensons fort à toi et nous t’embrassons très fort.

  Prends bien soin de toi, sois forte.

  Bises.

Par Kitouf - Publié dans : Journal d'une vie nouvelle
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Mardi 18 août 2009

 

  Bonjour mon petit bébé,

  Je profite de ma pause « déjeuner » pour t’écrire ce petit mot. Je viens de compter les semaines sur mon calendrier de bureau, et je constate que te voilà âgé de douze semaines. Douze drôles de semaines qui me semblent une éternité, tant la place que tu as prise dans notre vie est immense !

  Et pourtant, tu en es déjà au premier tiers de ton développement intra-maternel, le plus délicat parait-il. C’est vrai que nous faisons très attention à tout ce qui t’entoure et que tu ignores encore, et que nous respirerons bien mieux lorsque nous serons absolument certains que tu ne nous feras pas défaut.

  Mais pourquoi s’angoisser avec de telles idées, me rétorques-tu avec un joli petit sourire ? Tu es bien au chaud là où tu es, tu ne manques de rien, et tu fais chaque jour le plein de vie pour grandir encore et encore, en toute quiétude, et tu as bien raison !

  Mais que veux-tu que j’y fasse ? Je n’y peux rien, c’est plus fort que moi. Il ne faut pas m’en vouloir, et je sais que tu me comprends.

  Douze semaines ! Si j’en crois mes informations, tu mesures déjà près de 8 centimètres, soit environ 1,2 centimètres de plus que la semaine dernière ! Je ne sais pas très bien de quoi tu te nourris exactement, mais ton régime alimentaire me semble vraiment très efficace !

  Et ça n’est que le début, tu peux me croire !

  En tous cas, ta présence commence à se remarquer de l’extérieur. Ta si jolie maman (tu verras que je n’exagère pas quand tu pourras la voir avec tes yeux) aborde des rondeurs qui la rendent encore plus belle chaque jour. Elle s’en défend, mais elle ne peut rien y faire. En tous cas, j’espère bien que tu hériteras de sa beauté, mais de cela aussi je suis convaincu. C’est uniquement pour cette raison qu’elle embellit un peu plus chaque jour…Pour l’instant, elle est belle pour deux, et j’en suis le premier heureux…

  Ce matin, avant de partir au travail, comme ta maman se prélassait encore sous les draps, enveloppée dans son engourdissement de sommeil, j’en ai profité pour te faire un petit bisou. Grâce à l’écographie de la semaine dernière, je sais maintenant ou tu te loges exactement dans le ventre de ta maman, alors c’est plus facile pour moi de t’embrasser maintenant. Et puis comme ça, je sais que tu reçois tous mes baisers plus facilement, c’est bien mieux pour tous les deux, tu ne penses pas ?

  Je sais que c’est presque égoïste de dire ça, mais comme les mamans ont le privilège de vous porter en elles et de vous offrir tout ce dont vous avez besoin pour vous donner la vie, notre privilège à nous les papas, c’est de pouvoir faire des bisous à leur bébé aussi souvent qu’ils en ont envie. Ce n’est sûrement pas aussi spectaculaire que de transformer un ovule et un spermatozoïde en un petit être doué de vie, de raison et d’amour, mais c’est tout ce que nous pouvons faire, nous autres pauvres hommes que nous sommes…Mais soit dit entre nous, mon joli petit bébé, je n’échangerais ma place pour rien au monde…

  Voilà, il est temps pour moi de te quitter. Je vais vous laisser un petit peu tranquilles, ta maman et toi. Ta maman a besoin de bien se reposer, et toi, de profiter sans vergogne de tout ce qu’elle a à te donner.

  « Sans vergogne ». J’aime bien cette expression. Je l’entends souvent dans les chansons de Georges Brassens. Tu ne connais pas encore Brassens, mais ne t’en fais pas, nous écouterons ses chansons ensemble très bientôt, et je sais que tu les aimeras comme je les aime.

  A très vite, mon joli petit bébé. Nous t’aimons fort.

  Je t’embrasse.

Par Kitouf - Publié dans : Journal d'une vie nouvelle
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Lundi 17 août 2009


  Et voilà, c’est lundi, et pour moi, c’est la rentrée des classes. Le travail m’attendait déjà que je n’avais pas encore posé mes yeux sur le bric à brac de mon bureau. Le problème des gens pressés, c’est qu’ils ne savent pas patienter, à croire qu’ils ont attendu ce moment fatidique pendant tout le temps de leurs propres vacances…Enfin, tout ça pour dire qu’ici, les choses n’ont pas vraiment changé en trois semaines, mais qui eût cru le contraire ?

  En tous cas, je m’aperçois que je n’ai pas pris le temps de te parler depuis près de quatre jours, et ceci est tout à fait impardonnable !

  Qui suis-je donc pour me prétendre ton futur papa et me laisser aller de la sorte au bout de quoi…deux petites pages à peine ?

  Non, quoi que tu penses, quoi que tu dises, mon joli petit bébé, je n’ai aucune excuse, c’est gentil à toi de te montrer aussi tolérant à mon égard, mais si je commence comme ça, comment les choses vont-elles se poursuivre entre nous ? Je suis tout bonnement mortifié !...

  Mais que veux-tu, je manque d’expérience dans le domaine de la paternité, alors je fais de mon mieux, et je promets de m’améliorer au fil des jours, pour qu’au jour de ta venue dans ce drôle de monde, je sois prêt à te recevoir comme tu le mérites.

  Ceci étant dit, ou plutôt écrit, il s’est passé beaucoup de choses durant ces quatre jours, et je n’ai pas eu de temps physique pour prendre la plume et t’adresser plus tôt ces quelques mots.

  Tout d’abord, c’étaient les derniers jours de mes vacances, et Ô miracle ! nous avons eu du grand et beau soleil, alors nous nous sommes empressés, ta maman, ton frère et moi, d’en profiter comme il se devait avant qu’il ne soit trop tard. Et en effet, aujourd’hui, tu vois, ma pauvre chérie, et bien le ciel est à nouveau tout gris. C’est pourquoi nous nous sommes consacrés au jardin, car il fallait bien s’en occuper, d’autant que nous sommes en pleine saison de récolte des fruits et légumes, alors si nous voulons manger de bons produits sains à la maison, il nous faut bien prendre le temps de faire les choses correctement. Notre bien-être est à ce prix…

  En dehors du jardinage, bien sûr, égoïstes que nous sommes, nous, tes chers parents, avons lézardé au soleil, nous prélassant dans nos chaises longues, à l’ombre de notre pommier, avec un bon livre en main. Nous étions si bien que même Clément, qui est d’ordinaire allergique aux pages imprimées, vient de commencer le premier tome des aventures d’Harry Potter ! Comme il en a assez de voir et revoir les films, je lui ai (fortement) conseillé de lire les livres, car ils sont différents et bien plus détaillés et passionnants que leur adaptation cinématographique. Et bien, tu me croiras ou non, voilà notre Clément accroché à son livre comme une moule à son rocher ! Et il n’en revient pas lui-même de trouver autant de détails qu’il ignorait à propos d’Harry et de tous ses amis.

  Pourvu que cette engouement nouveau pour la lecture ne soit pas qu’un feu de paille, et qu’il y trouve toute une source de plaisir et de connaissance, qu’on n’acquiert ni avec la télévision, ni avec les jeux vidéo, malheureusement.

  Mais nous ne te cachons pas que nous sommes très heureux de ce soudain intérêt de ton frère pour les livres. Je te dirai plus tard ce qu’il en est, nous avons encore le temps pour cela.

  Sinon, nous avons bien été accaparés par notre devoir social, ce qui signifie que nous avons reçu et avons été reçus sans cesse ces derniers jours, car nous ne sommes pas les seuls à avoir abandonné nos activités quotidiennes pour nous attarder sous les rayons du dieu Soleil, qui est, tu t’en doutes un peu, chose assez rare sous nos contrées, surtout ces dernières années, où les étés pourris se suivent et, hélas !, se ressemblent.

  Alors entre bons repas entre amis et en famille, et l’anniversaire de Joëlle hier après-midi, (tu ne connais pas encore Joëlle, mais tu vas l’adorer quand tu la verras) ce n’est que maintenant que je peux enfin me poser pour te parler un peu. Il m’a fallu reprendre le travail pour avoir le temps de faire les choses que j’ai envie de faire. Ceci laisse rêveur, tu ne penses pas ?

  Mais rassure-toi, mon joli petit bébé, nul n’est besoin d’être journellement occupé par toi pour penser à toi. Quoi que je fasse, où que je sois, il y a toujours une petite place pour toi dans un petit coin de ma tête et dans une grande part de mon cœur. Je parle pour moi, mais je sais qu’il en est de même pour ta maman.

  D’autant qu’elle commence à être un peu moins dérangée par les odeurs ces quelques derniers jours. Parce que depuis que tu es là, ta maman n’a pas eu de nausées, non. En revanche, son odorat très sensible d’habitude s’est encore développé de manière exponentielle, et chaque odeur, même la plus infime, la plus subtile, lui saute aux narines comme un parfum beaucoup trop puissant à son goût. Ce qui nous a obligé ces derniers temps à un régime alimentaire strict, composé presque exclusivement des odeurs et parfums supportables pour ta maman, ainsi que quelques sacrifices de notre part, comme l’abolition de ma crème après-rasage Hugo Boss, et l’obligation pour ton frère de se laver au moins une fois par jour !

  Je peux te garantir que cette dernière décision maternelle n’a pas fait que des heureux, loin de là ! Mais comme c’est pour le bien de tout le monde, nous ne pouvons t’en vouloir de causer, bien malgré toi, ces petits désagréments qui nous amusent bien dans le fond. En tous cas, en ce qui me concerne, oui !

  Et bien voilà les dernières nouvelles, mon petit bébé. Comme tu peux voir, rien de bien extraordinaire, mais c’est la vie qui s’écoule doucement, en tous cas la nôtre, et chaque jour qui passe, pour ordinaire soit-il, nous rapproche un peu plus de toi.

  Je t’embrasse fort et pense très fort à toi.

  Nous t’aimons.

  A très vite…

Par Christophe - Publié dans : Journal d'une vie nouvelle
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Jeudi 13 août 2009

  Les vacances touchent tout doucement à leur fin. Les miennes en tout cas. Ta maman a encore une bonne semaine devant elle, et Clément, lui, fait sa rentrée en 6ème le 4 septembre, comme tous les autres gamins.

  Mais rassure-toi, toi, tu ne vas pas encore à l’école. Tu peux encore rester bien au chaud là où tu es, pendant encore six bons mois. Et après cela, tu pourras patienter trois bonnes années avant de te plonger dans la frénésie impitoyable de notre société.

  Mais ne t’inquiète pas du monde extérieur, du moins pas encore. Tu as tout le temps du monde avant de t’y confronter. Si je te le raconte un peu, du moins si j’ambitionne, dans ces quelques pages, de te le raconter, par de si faibles bribes, c’est simplement pour ne pas oublier. Ou pour que tu les découvres, un jour, d’ici quelques années, lorsque tu sauras lire, et que peut-être, intriguée ou curieuse, tu voudras savoir ce qui s’est passé, les petites choses de rien qui ont fait notre quotidien, pendant que nous t’attendions.

  J’ai envoyé une carte virtuelle par Internet à toutes nos connaissances pour annoncer ta venue. Je sais, je sais, mais que veux-tu, je ne peux m’en empêcher. Tu es mon premier enfant après tout, alors il n’y a aucun mal à cela, non ?

  Ce matin, j’ai repassé quelques affaires qui t’appartiennent déjà, car ta maman et moi n’avons pas attendu très longtemps avant de commencer à  constituer ton trousseau. Ho, ne t’inquiète pas, il ne s’agit pas de grand-chose. Pour l’instant, nous nous sommes contentés de quelques pyjamas et grenouillères de premier âge, juste pour prévenir ton arrivée, c’est tout. Nous avons encore quelques mois pour compléter ta garde-robe. De toute façon, tu peux dormir tranquille dans le ventre de ta maman, tu ne manqueras de rien.

  Acheter ces premières petites affaires, c’est le premier geste que nous avons eu qui t’a donné une certaine réalité. De choisir ces quelques vêtements, ta maman et moi, de flâner le long des étals par cette belle journée d’été, de fouiller parmi la multitude d’objets, ça nous donnait déjà le sentiment d’être de vrais parents. Moi en tous cas, puisque avant toi, je n’ai jamais connu ces émotions-là. Non que je le regrette, car j’ai vécu bien d’autres belles choses à la place, mais par encore celle d’avoir un enfant à moi.

  Parce que la vie, la mienne en tous cas, est ainsi faite, et je ne reproche rien à personne. Les choses qui nous arrivent, quand elles sont belles comme ça, arrivent toujours au bon moment, tu ne crois pas ?

  Pour tes premiers habits, comme nous ne connaissions pas encore ton identité réelle, nous avons choisi uniquement des couleurs neutres, donc pas de rose ni de bleu !

  Mais maintenant que nous savons ton sexe, que nous savons que tu es une petite fille, il sera plus facile pour ta maman et moi de choisir le reste de ton trousseau.

  Quelques personnes de notre entourage, dont notre médecin traitant, avaient l’air un peu étonné qu’on sache déjà ton sexe. Même si certains ont reconnu, et cela nous a été confirmé en consultant plusieurs forums sur Internet, que c’était fort possible, et qu’il n’y avait pas de raison de douter. Mais après tout, est-il probable que le docteur M. ait été trop rapide dans ses conclusions, ou bien qu’elle ait mal vu ? Je ne le pense pas, mais sait-on jamais ?

  En tous les cas, nous aurons confirmation catégorique lors de la prochaine échographie. Et si d’aventure, d’ici deux mois, tu devais devenir un petit garçon, ne t’en fais surtout pas, tu seras autant le bienvenu dans notre famille, et nous t’aimerons tout autant, il n’y a pas le moindre doute à ce sujet. Seulement, il te faudra t’habituer à porter du rose, beaucoup de rose, surtout dans les premiers mois de ton existence !

  Je plaisante, bien sûr…Qui que tu sois, tu es avant tout notre enfant, et rien qu’à penser cela, tu es déjà, sans doute et d’une certaine manière, le plus beau poème que j’aie pu écrire depuis que je manie, peu ou prou, la plume des jolis mots. Et que nous importe que la rime soit masculine ou féminine…

  Même si nous ne parlons pas de toi à longueur de journée, nous pensons constamment à toi, et mon plus grand bonheur, depuis plusieurs semaines, et de laisser mes mains se promener sur le ventre de ta maman et de t’imaginer, de l’autre côté de sa peau, en train de grandir et de te former.

  On me dit que tu ne pourras pas ressentir nos caresses avant quelques semaines encore, mais je m’en fiche, si tu ne sens pas mon contact de manière physique, je sais que tu le ressens dans ton tout petit cœur qui bat déjà si vite, et si fort.

  Il faut que tu viennes vite, parce que je ne sais pas si ta maman va supporter longtemps de devoir vivre avec deux grosses mains toujours collées sur son ventre !

  Mais de toutes façons, quand ce ne sont pas mes mains, ce sont mes lèvres, alors…

Par Christophe - Publié dans : Journal d'une vie nouvelle
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Mardi 11 août 2009

  Je me suis levé ce matin-là vers 9h30. Isa était déjà debout depuis un certain temps, et Clément devait jouer dans sa chambre. C’est l’arrivée de l’infirmière qui m’a réveillé. Non pas que je sois un lève tard en temps ordinaire, mais comme je suis en vacances, je profite de mes derniers jours de repos pour me prélasser au lit le matin. Quoi de plus agréable de flâner entre les draps quand on a rien de mieux à faire de ses journées ?

  J’ai pris mon petit-déjeuner tout seul, fait inhabituel, car dans cette maison on préfère prendre nos repas ensemble. Mais aujourd’hui est un jour exceptionnel, alors autant qu’il le soit de bout en bout. Le journal était déjà sur la table, j’en ai profité pour le feuilleter, d’un air absent, tout en beurrant mes tartines.

  L’infirmière est repartie. Elle venait pour une prise de sang. Isa en a besoin. Elle est entrée dans la cuisine et m’a embrassée.

« Bien dormi ?

-Mmm… »

  Je ne suis pas vraiment du matin, même quand j’ai le temps de prendre le temps.

« Tu es prêt ? me demande Isa. On part à 11h30.

-Je le serai, t’inquiète. On a encore le temps. »

  Je tourne encore quelques pages du journal local pour apprendre que Franck Ribery ne jouera certainement pas demain contre les îles Féroé. Dommage, je pense. Et c’est tout. J’attends que le gamin sorte de la douche pour m’apprêter à mon tour.

 

  On est partis à l’heure. C’est Isa qui a conduit, cette fois. On ne disait trop rien dans la voiture, chacun était absorbé par ses propres pensées. Qu’allait-on apprendre dans quelques minutes ? Je ne cessais d’y penser. Isabelle aussi, sans doute.

  Arrivés en ville, Isa n’a pas démarré assez vite à un feu qui venait de passer au vert, et elle s’est fait klaxonner par un type derrière nous. Elle est montée en pression en quelques millièmes de secondes et a insulté l’autre gars comme c’est pas permis. Elle a dit que si elle avait été un homme, elle serait descendue de voiture pour lui apprendre à vivre, à ce gros naze.

  Elle l’a invectivé jusqu’à ce qu’on arrive à notre lieu de rendez-vous, le cabinet du docteur M.

« Je serais descendue de voiture, et je lui aurait montré mon ventre, et il se serait écrasé, ce mec ! »

  Isa doit être aussi tendue que moi pour réagir de la sorte, parce qu’en règle générale, ce n’est pas trop son genre.

  Le docteur (la doctoresse) nous reçoit très vite dans son cabinet, ce qui est une bonne chose. Les présentations faites, Isa se déshabille et s’installe dans le fauteuil prévu à cet effet. Clément et moi, on reste debout à côté d’elle et on fixe l’écran plat sur le mur.

  Et tu apparais. La première image que j’ai de toi, après toutes ces semaines d’attente. Elle est furtive, car mon attention est aussitôt détournée par un bruit de tambour fort et très rapide : les battements de ton cœur.

« 165 pulsations, on est très bien, nous dit le docteur M. »

  Premier soupir de soulagement. Ensuite, c’est la découverte totale de toi, par étapes successives, et nous voyons ton image, Isabelle, Clément et moi, bouger sous nos yeux, ta tête, ton cœur, tes jambes, tes bras, tes reins, ton cerveau, ta nuque…tout est là, bien en place, et tout est normal. Tu mesures 64mm, tu as 11 semaines, et nous t’aimons déjà tellement fort…

Isabelle, ta maman, qui a plus d’esprit que moi, parce que moi je ne fais que te regarder, t’admirer, demande si on peut déjà connaître ton sexe.

« Bien sûr, vous voulez le savoir tout de suite ? Je le sais déjà, répond le docteur M. »

  Un instant, rien qu’un instant, je retiens mon souffle, et mon vœux est exaucé.

« C’est une fille ! »

  Sans retenue aucune, je hurle de joie en levant les bras, dans un silence absolu, car mon hurlement est resté au fond de moi. N’est apparu qu’à la surface de mon émotion un sourire si large qu’il a fendu mon visage en deux. Ta maman a les yeux qui brillent de bonheur, et Clément, ton grand frère, demi-frère pour être exact, m’en tape cinq quand il réalise qu’il va bientôt avoir une petite sœur…

  Ta naissance est prévue pour la deuxième quinzaine de février. Et pour l’instant, tout va pour le mieux, et nous allons tout faire pour qu’il en soit ainsi jusqu’au jour de ton arrivée dans notre maison.

  Nous sommes allés au restaurant pour fêter la nouvelle, puis nous sommes allés rendre visite à ton oncle Jean-Luc, qui est en vacance lui aussi, pour lui annoncer qu’il allait bientôt être tonton d’une petite nièce. Il a été ravi de l’apprendre.

  Et nous sommes rentrés à la maison, parce que ta maman a besoin de beaucoup de repos, pour que tu te développes dans les meilleures conditions possibles.

  J’ai pensé souvent à toi tout au long de cette belle journée. Une fille ! Je vais avoir une petite fille !...Je me fais très vite à cette idée, et déjà plein d’images se bousculent dans ma tête. Il est encore tôt pour le dire, mais maintenant j’ai hâte que tu sois là.

  J’ai cueilli les premiers haricots de l’année avec mamie Suzy dans la soirée. Tu ne connais pas encore mamie Suzy. C’est la maman de ta maman, ta grand-mère. Elle aussi est heureuse de ta venue, même si elle nous a dit qu’elle aurait été tout aussi heureuse si tu avais été un garçon.

« Du moment que c’est un bébé en parfaite santé, je me fiche de son sexe. »

  C’est vrai, dans le fond, elle a raison, mais moi je t’attendais telle que tu es, alors j’en suis doublement content.

  J’ai appelé ma sœur Myriam pour lui annoncer la chose. Elle savait déjà, mais elle attendait mon appel après l’échographie. Puis j’ai appelé mes parents, qui n’étaient pas encore au courant. Je ne voulais rien leur dire tant que la première échographie n’était pas effectuée. Voilà maintenant, c’est chose faite. Ils sont heureux pour nous, pour eux, pour tout le monde, et sont ravis que nous allions bientôt avoir une petite fille.

  Tu es passée, en l’espace de quelques minutes, de l’état d’idée, de chose abstraite, quelques numéros sur un résultat de prise de sang à quelque chose de concret, quelques photographies noir et blanc, un compte rendu d’examen, un petit être en gestation, une minuscule personne, un être humain en devenir…

  Ce journal d’une vie nouvelle, c’est la mienne, la nôtre, celle de ta maman, de ton frère, qui commence dans une tout autre direction, grâce à toi, mais cette vie nouvelle, c’est surtout la tienne, ta vie, ta toute petite vie, qui est en train de se former, peu à peu, jour après jour, dans le ventre de ta maman, avec autour de toi, sans que tu le saches, mais peut-être le sais-tu déjà tout de même, tout l’amour que nous sommes et seront capables de te donner.

Par Christophe - Publié dans : Journal d'une vie nouvelle
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Samedi 11 juillet 2009

Bonjour!

Et non, nous ne sommes pas là pour le moment, nous sommes partis pour le week-end, alors laissez-nous un petit message et nous vous rappellerons dès notre retour...

A bientôt!




Arrivée à Paris, promenade à Montmartre et au Sacré Coeur...





Isa devant les toits de Paris...







Déambulation sur la Place du Tertre...





...où je me régale d'une crêpe au sucre à 5 euros.



Arrivée devant le Stade de France, l'émotion commence à monter...



Kaiser Chief chauffe l'ambiance en attendant l'arrivée de la bande à Bono





Il est content, le gars!





U2 entre en scène, and now, enjoy the show!

























One...





With or without you





Le lendemain, petite promenade dominicale sur les Champs-Elysées



La Comtesse Isabelle devant la fameuse tour...





Petite halte sur le Trocadéro, et c'est ici qu'on se dit au revoir...



Allez, pour le plaisir, deux petites minutes du concert, pour le souvenir...





Par Kitouf - Publié dans : Articles Au Quotidien
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Le film hommage de Michaël Jackson, émouvant et vrai. Au-delà du mythe, on y découvre tout simplement un homme passionné par son métier, par son art. Son dernier concert comme si on y était.



Comment passer à côté de ce coffret? 5 albums de Michael Jackson pour une somme (très) modique. Et tant de bons titres qui n'ont toujours pas pris une ride... 



Un Monde Sans Fin, le dernier Ken Follet, une suite plus ou moins éloignée (dans le temps) du célebrissime "Piliers de la terre", mais dont le personnage principal est toujours la cathédrale de Kingsbridge. Personnages à foisons, intrigues, combats, revirements inattendus, tous les ingrédients pour passer un bon et long (1200 pages) moment de lecture.



 

 

 

 

 

 

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