Bonsoir, mon beau petit bébé,
Voici quelques jours que je ne suis venu te saluer, et je m’en excuse. Mais notre vie est ainsi faite, que parfois nous avons le temps de prendre le temps, et d’autres jours nous ne savons ou donner de la tête tellement il y a de choses à faire.
Ce n’est pas que je croule sous les tâches en ce moment, mais malgré cela, je n’ai le temps de rien. Mais cela ne m’empêche pas de penser à toi, tu peux être tranquille à ce sujet.
Même si je ne t’écris pas tous les jours, je te vois chaque fois que je regarde ta maman, et même je te vois de mieux en mieux, parce que son ventre s’arrondit un peu plus chaque fois que je pose mon regard dessus. Et la grande nouveauté, ces derniers jours, en plus de la pluie d’automne qui semble s’être installée pour de longues et interminables journées, c’est que tu bouges, mon beau bébé !
Enfin il me semble…en tous cas, ce qui est certain, c’est que lorsqu’on pose la main sur le ventre de ta maman, on sent comme une légère ondulation sous les doigts, et même plus précisément sous la paume, des petites vagues toutes chaudes qui nous caressent doucement la peau. Et ma foi, on dirait bien que c’est toi qui bouge.
Je viens de demander à ta maman, qui consulte en ce moment même ses mails sur son ordinateur, et elle me dit que ça fait maintenant 17 semaines. Je sais, je sais, si tu déduis les jours avec la dernière fois, on n’a pas le compte, puisqu’au dernier recensement, on en était à 14 semaines. Sauf que je me suis légèrement trompé d’une semaine. C’est ta maman qui a mis le doigt sur la fatale erreur. En fait, nous en étions, tu en étais déjà à un peu plus de 15 semaines. Ce qui fait que tu es déjà plus grande que tu en as l’air. En tous cas, bien plus grande que je ne le pensais.
Mais aujourd’hui, c’est sûr, tu en es à 17 belles et longues semaines, et tu ne devrais plus tarder à bouger. Du moins, tu bouges depuis longtemps déjà, mais nous attendons avec impatience la minute incroyable où nous verrons le ventre de ta maman être secoué tout seul des petits coups que tu porteras dans la paroi interne de son corps.
Pour l’instant, chaque soir depuis quelques jours, avant de nous endormir, nous guettons avec avidité les petites ondulations de l’abdomen maternel qui font comme un petit roulis sous nos doigts, et cette sensation est déjà tellement merveilleuse qu’elle nous donne naturellement envie d’en avoir plus, que tu nous en offres plus, que tu daignes enfin te révéler à nous, que tu nous dises à haut et intelligible minuscule coups de pieds et poings :
« Hé ho ! Je suis là ! Je suis vivante et en pleine santé ! Je grandis et je prends des forces tous les jours ! Et regardez, maintenant je peux faire des bosses dans le ventre de maman !
J’ai assez de force et d’énergie en moi pour vous montrer que je suis parmi vous, mes parents, que vous pouvez déjà compter sur ma présence. Je fais déjà partie de la famille ! »
Et oui, comme tu le dis, ma jolie petite fille, tu fais déjà partie de la famille. Tu es là, de plus en plus réelle, même protégée, même invisible, nous te savons parmi nous, nous avons chaque jour une preuve supplémentaire de ton existence, de ta réalité en ce monde, et rien ne peut nous rendre plus heureux, ta maman et moi.
D’ailleurs, ta maman a bien de la chance, car demain midi elle a rendez-vous pour sa visite mensuelle chez le gynécologue. Ce n’est pas une échographie, elle ne pourra pas te voir, sauf exception, mais elle pourra entendre battre ton petit cœur, et faire un bilan pour voir si tout va bien. Mais comme nous ne recevons pas de signaux inquiétants de ta part, je crois que nous pouvons en conclure, tout en restant prudents bien entendu, que tout va pour le mieux pour toi. Nous serons fixés sur l’état de ton évolution demain, mais je ne suis pas plus inquiet que cela. J’ai confiance, et j’attends les nouvelles que ta maman ne tardera pas à me transmettre, afin de me rassurer complètement.
Voilà, je crois qu’il est temps pour moi de te laisser te reposer maintenant. La soirée avance, s’étire, et il va bientôt être temps pour nous d’aller nous coucher à notre tour.
Samedi, je participe à une course de dix kilomètres, pour me préparer en douceur à ma course de dix-neuf kilomètres du 18 octobre prochain. J’ai donc besoin de repos pour ne pas être trop ridicule le jour dit !
Allez, je ne te retiens pas plus longtemps. Ta maman est assise à mes côtés. Nous t’embrassons fort tous les deux et nous pensons fort à toi.
A très vite.
Bises.
PS : ta maman me charge de te dire qu’elle se sent constamment en symbiose avec toi…
A bientôt.
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